Bonnes bouilles - XNoir

Ces barbelés oubliés

Montreuil-Bellay est à deux pas de Chacé, l'un des sites de production d'Ackerman, dans le Maine-et-Loire. Cette ville close, connue pour son château, était sous les feux de l'actualité ce midi, au Journal de 13 heures de France 2.
Jacques Sigot, un instituteur passionné d'histoire, bataillait depuis trente ans pour qu'on n'oublie pas l'existence d'un camp pour « individus sans domicile fixe, nomades et forains ». Entre 1941 et 1945, quelque 2 500 Tsiganes y furent internés, ainsi que des clochards nantais, des résistants… Ses vestiges - les ruines de la prison souterraine, essentiellement - viennent d'être inscrits au titre des Monuments historiques grâce à son opiniâtreté. Un joli pied de nez à l'actualité…

Photo extraite du blog de l'association qui défend la mémoire de l’ancien camp de concentration des Tsiganes de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire).

Le chat de Viviane Hamy

Pas de X Noir, hier soir, à La Boîte à livres, mais un pilier du roman noir : Viviane Hamy, l'éditrice de la grande Fred Vargas. Nous étions deux pelés et un tondu à aller à sa rencontre, alors qu'elle célèbre les vingt ans de sa petite maison d'édition, aux choix exigeants. Pendant près de deux heures, Viviane Hamy nous a parlé en toute simplicité de son métier compliqué. "Pas un métier, un choix de vie", dit-elle. Je vois bien ce qu'elle entend par là. Elle nous a raconté comment naît un livre, la magie d'un succès, les rapports avec ses auteurs, qu'elle sait fidéliser. Il y a un chat vu du dessus, en logo, sur les couvertures de ses ouvrages. Elle l'a d'ailleurs évoqué, son chat (ah, les chats et le monde du livre !), Réglisse, qui lui a servi un jour à apaiser les angoisses de Magda Szabó, un monument de la littérature hongroise qu'un journaliste avait contrariée (ah, les journalistes…). Comme quoi les chats ne servent pas tout à fait à rien.

Photo : L'univers de Vargas est assez loin du monde ligérien. Dans Coule la seine, recueil de nouvelles, une intrigue policière est résolue grâce à un détail ornithologique. Il n'y a que Vargas pour imaginer des choses pareilles.

Piano bar

Je suis allée voir Benjamin Biolay en concert à Joué-les-Tours. Je suis cet artiste complet depuis son premier album, mais je ne l'avais encore jamais vu sur scène. Il n'a pas la présence d'un Dominique A (évidemment !), mais ce fut un vrai spectacle, avec d'excellents musiciens (dont une grâcieuse harpiste) et des éclairages assez magiques. La salle était très chaleureuse et les échanges plutôt amusants, quand Biolay a dû improviser face à une panne de piano (un vieux bruit de casserole vite réparé). Mais le détail qui ne m'a pas échappé, à côté de l'inévitable bouteille de Cristaline, chère à Guy Roux, c'est le petit ballon de rouge, posé près du piano. Non seulement Biolay fume ses clopes tranquille, pendant le concert, avec cet air de dandy nonchalant qui en agace plus d'un (et plus d'une…), mais il boit une lampée de rouge, par-ci par-là, le bougre ! Je me suis demandé si c'était un vin de Loire, forcément. Pour un gars natif de Villefranche-sur-Saône, c'était un beaujolais, à tous les coups ! Le beaujolais de Benjamin Biolay, en somme.

Photo : Biolay cite souvent l'Italie dans ses chansons. Quand je veux me remémorer mon été en Toscane, je verse dans un saumur brut un fond de Fragoli, une liqueur à base de fraises des bois entières, découverte au bar des Trois-Ecritoires, à Tours. Ou comment décliner le kir à l'italienne.

Ovation et pâmoison

« Tours est dans le Top five ! », a dit Dominique A. Le Top five des salles les plus chaleureuses. Il faut dire que, mon frère et moi, nous y étions pour quelque chose, à s’égosiller et à siffler comme des midinettes tombées en pâmoison. Mon ami Pierre-O ignorait mes talents de siffleuse et veut que je lui apprenne. Il est vrai que c’était probablement l’ambiance la plus déchaînée sur les quatre concerts de Dominique A auxquels j’ai assisté en moins d’un an (on ne se moque pas !). On commence à avoir nos petites habitudes. On l’attend, à la fin, et en général, il vient, tout sourire. On a papoté deux minutes, je lui ai filé mon dernier bouquin, merci, à la prochaine, qu’est-ce que c’était bien, hein. Du coup, j’ai regretté de ne pas avoir emporté une bouteille de X Noir à faire péter. La prochaine fois (quand ça ? quand ça ?), je crois que j’oserai.

Photo : Dominique A, hier, bière à la main et charisme en bandoulière, après le concert mémorable de Saint-Avertin.

Je blogue, tu blogues, nous bloguons

Hier, j'ai déambulé dans les allées du Salon des vins de Loire, à Angers, où je me rendais pour la remise des prix du Wine Blog Trophy. C'était amusant de voir, dans un agencement dont je n'ai toujours pas compris l'ordre, des domaines dont j'apprécie les vins depuis une vingtaine d'années, des AOC de la Loire-Atlantique à la vallée du Loir : muscadet, anjou, saumur-champigny, cabernet d'anjou, chinon, cheverny, touraine, vouvray, jasnières…, sans oublier X Noir, en bonne place.
Dans la salle de presse, où le jury s'est réuni avant la remise des prix, j'ai fait la connaissance d'Aurélia la Québécoise, aussi fraîche que sur son blog, Bu sur le Web, également primé par les internautes. La soirée s'est achevée avec quelques collègues dans un très bel établissement, Le Favre d'Anne, face au château d'Angers. La vue sur la Maine et les ponts éclairés y est superbe. La nourriture aussi. Jeune talent au Gault & Millau, jeune chef de l'année du guide Pudlo et étoilé au guide Michelin en 2008, ce Savoyard de 35 ans marié à une Angevine a travaillé deux ans au côté de Marc Veyrat, à Annecy. Il travaille merveilleusement les légumes que son jardinier lui cultive dans le Baugeois. Pour ma part, j'ai notamment goûté les échalotes de Longué farcies d'une huître Gillardeau et accompagnées d'une incroyable glace au beurre blanc. Une véritable expérience culinaire que je vous recommande, dans un lieu raffiné.

Photos : Les lauréats du Wine Blog Trophy 2010. La Loire, ce matin, à Souzay, adorable village troglo, à 7 km de Saumur.