juin 2010 - XNoir

Tati fait de la résistance

Après les divins calamars frits de la guinguette et le bal populaire de Velpeau, hier soir, je décide de finir mes vacances en beauté en allant voir L'Illusionniste aux Studios. J'avais aimé Les Triplettes de Belleville, avec la référence à Jour de fête. Je me suis dit qu'un scénario de Jacques Tati jamais tourné, adapté en film d'animation par Sylvain Chomet, ça ne pouvait pas être mauvais. Que c'était même indispensable, et ce d'autant plus que j'ai dîné sur la plage de M. Hulot, pas plus tard que jeudi.
La magie, c'est d'abord de revoir Tati à l'écran, tantôt M. Hulot quand il se débat, maladroit et distrait, avec certains objets technologiques, tantôt Tatischeff, c'est-à-dire lui-même, mélancolique, nostalgique d'un monde qui lui file dans les doigts. Celui du music-hall, du rêve et de la poésie. Il y a dans ce film la quintessence de Jacques Tati, comme si Sylvain Chomet était le dépositaire légitime de sa mémoire. Par un tour de passe-passe, il fait revivre Tati sans renier son propre univers. Une alliance heureuse et complice. Il y a de la magie jusqu'au générique… même au-delà. Ne partez pas avant.

Le train-train des embruns

Il faut une fin à tout, paraît-il (je ne vois pas pourquoi, mais bon). Entre TGV et TER, me voici échouée en gare d’Angers comme un vulgaire cétacé, toute bronzée, avec mon matou et mon fidèle MacBook Pro. Je ne sais pas trop ce qu’on va faire, tous les trois. Jouer à la belote ou boire un café.
De l’estuaire à la guinguette du pont Wilson, il n’y a qu’un pas. Mais je préfère généralement descendre la Loire que de la remonter. L’air iodé rime avec vacances et muscadet, coquillages et crustacés. Hier, l’eau était divinement bonne dans la petite crique de la Boutinardière. Avec Marie-Jeanne, on a pataugé comme des ados surexcitées, en gloussant à qui mieux-mieux parmi les vaguelettes trop salées. En rentrant dans la maison aux volets bleus, après ce rinçage salutaire qui laisse des grains de sable dans le bac à douche, on a bu des bulles avec un cake saumon-salicorne en écoutant Gaëtan Roussel.
Mon chat s’est endormi. Mon MacBook se met en veille. Je m’en vais boire mon petit café en pensant à l’été.

Photo : Le Master de Donatien relancé par Ackerman, un muscadet-sèvre-et-maine sur lie authentique, de haute typicité et emblématique de l'AOC qui contribue à la qualité de mes vacances à la mer !

Muscadet sur lit !

Je fais grève, comme les Bleus. Non, je plaisante (je n’ai pas le même salaire et je joue moins bien au ballon). C’est juste que je suis en vacances et que j’aspire à me désintoxiquer d’une overdose d’Internet. Vous ne m’en voudrez pas si je vous dis qu’après les Hautes-Alpes, je me ressource sur la Côte de Jade ? Il fait grand soleil depuis mon arrivée, en TER, avec ma valise à roulettes (sans bouteille dedans, pour une fois) et mon chat sous le bras. Heureusement, Fred et Marie sont arrivés à la rescousse, avec des bulles et une bouteille de… margaux, en clin d’œil à qui vous savez. Pas mal, le margaux, au barbecue. Les vins de Loire me pardonneront cet écart… Après quoi nous sommes allés observer les échasses et les avocettes dans le marais, surexcitées avec leurs poussins à proximité. Puis j’ai repris le TER, direction Nantes, Le Lieu unique, qui porte bien son nom, aménagé près de la gare sud dans l’ancienne usine LU. On n’y boit pas de X Noir, malheureusement, alors l’amie d’Hélène, que j’ai rejointe au fond d’un transat, au bord d’une Loire canalisée, a siroté un verre de muscadet (c’est une fille du vignoble nantais, elle aussi !). Fort à propos, je vous signale au passage que la sélection finale du Master de Donatien Bahuaud 2009 s’est déroulée le 15 juin, à La Cigale, un autre lieu mythique (et classé) de Nantes – déco superbe -, que je vous recommande chaudement (d’ailleurs, le soleil tape, aujourd’hui) : un super jury d’experts y a choisi un muscadet sèvre-et-maine sur lie de haute typicité, solidement enraciné dans la culture vigneronne régionale. Equilibré, minéral et frais, il est proposé dans une élégante bouteille sérigraphiée de style Belle Epoque, très différente des bouteilles traditionnelles de muscadet.

Photo : Le décor rococo et flamboyant du café-restaurant La Cigale, à Nantes.

A orchidée, orchidée et demie

L’orchidée qui orne le site d’X Noir a de quoi être jalouse ! Voici celle que j’ai découverte hier, grâce à notre guide expérimenté, qui nous y a conduits dans la vallée de la Clarée. La seule éclaircie de la journée après des heures de montée sous la pluie, récompensée elle aussi par l’observation du merle de roche, un très bel oiseau aux couleurs vives que je rêvais de voir depuis longtemps. Mais revenons à l’orchidée du jour. Il s’agit du sabot de Vénus, la plus grande orchidée d’Europe. Il y en avait plusieurs touffes, tellement belles et inattendues dans le sous-bois qu’elles semblaient presque irréelles. Très rares, elles ne peuvent évidemment pas être cueillies. Pour ma part, j'ai été cueillie par la femme de ménage dans mon train couchette, alors que je dormais comme une bienheureuse dans mon pigeonnier. Failli repartir au dépôt, dis-donc ! Passer des alpages à la capitale : un vrai choc thermique ! Vivement que je retrouve la douceur tourangelle.

Indiscrétions

Vous avez du bol : il pleut ! Sinon, pas sûre que vous auriez eu droit à un billet. En même temps, après trois jours de randonnée, j'ai deux trois bricoles à vous raconter. Déjà, je suis dans le département le plus ensoleillé de France, et il pleut. Pas glop, mais c'est très bien quand même. J'ai pu quand même marcher deux jours en sympathisant avec quelques UV. Aujourd'hui, j'avais le museau bien crémé. Donc il a plu.
Passons sur les considérations météorologiques pour nous concentrer sur l'ornithologique. Puisque c'est d'ornithologie plus que d'oenologie qu'il s'agit ces temps-ci. Eh bien nous avons observé une quarantaine d'espèces d'oiseaux en 2 jours et demi. Et pas des moindres : des parades de tétras lyre assez burlesques, à l'aube (et autant vous dire que l'aube, ici, c'est tôt), des joutes de chamois sur la neige (il en reste pas mal, pour la saison, de la neige), des roulés-boulés de marmottes assez spectaculaires… et, cerise sur le crapaud, une chouette de Tengmalm, espèce rare, qui niche au fin fond d'un mélézin (la forêt de mélèzes, pour ceux qui n'auraient pas le décodeur). Deux gros yeux jaunes, parfois au clignotant, gravés à vie dans ma mémoire de calamar. Je vous épargne tous les petits passereaux, tout aussi sympathiques, car j'ai bien conscience que ça vous intéresse moins que l'ampélographie ou la fermentation malolactique. Cela dit, ce soir, au gîte du Flourou (où l'on mange fort bien), on a dégusté la bouteille que j'avais emportée dans ma valise à roulettes. A quand une manifestation Vignes, vins & ornitho ?

Photo : Surprise avant-hier, la chouette de Tengmalm en train d'observer des ornithologues à l'oeil nu. Merci à Yves pour sa photo et éternelle reconnaissance aux Lumix.

Faites des paires !

Hier soir, j'ai fait la fête à la guinguette avec mes deux Marie (je suis polygame à mes heures). Malgré la pluie battante, on a fini la soirée dans un bar de mon quartier, populaire et métissé. Une vraie fiesta avec un petit groupe de musicos et des groupies décomplexées. Pas de X Noir, mais de la sangria à volonté et que du bonheur !
On ne peut pas parler de fête sans anticiper celle des pères qui, pour les étourdis qui auraient zappé, est programmée dimanche prochain Ackerman la célèbrera à sa manière, tout en fêtant le solstice d’été avec une garden party dans son parc arboré, le dimanche en question. Comme on sera à la veille de la Fête de la Musique, un orchestre animera cette journée où vous pourrez déguster des fines bulles en terrasse. Au caveau, une offre spéciale « Fête des pères » sera proposée : pour 6 verres ou 6 flûtes Kwarx achetées, vous aurez en prime une bouteille de saumur-champigny ou de saumur brut dans son étui. Alors faites des paires !

Photo : La vigne selon le Festival international des jardins, à Chaumont-sur-Loire.

Une toue sèche en milieu humide

Grande communion familiale, ce week-end, dans le Loir-et-Cher. Non non non, on n'a pas marché dans la boue, n'en déplaise à Michel Delpech. On a d'abord arpenté les jardins du domaine de Chaumont, toujours aussi enchanteurs, en plein cagnard, avant d'embarquer à dix sur la toue de Jean Ley, avec moult victuailles. Aussi bon vivant que nous, le batelier rendu célèbre par Des racines et des ailes nous a entraînés au fil de l'eau, avec le château en toile de fond, les sternes en fond sonore, les caloptéryx comme compagnons de voyage (ok, il y avait aussi des moustiques, mais seulement à l'arrêt)… et des bulles dans nos flûtes en plastique. Puis du rosé, puis du rouge…
Malgré l'effervescence à bord (aucun alcootest sur le fleuve royal, une chance), nous sommes parvenus à observer un castor qui nageait peinard avec sa branche entre les dents, comme un vieux mégot dont il aurait fini par oublier la présence. En abordant sur une île, j'ai photographié un vrai boulot de castor : un tronc grignoté façon taille-crayon. De la belle ouvrage ! Une sacrée soirée, sans Jean-Pierre Foucault. On ne peut pas tout avoir !

De la Loire au Cher

Sacrées journées dans le vignoble du Loir-et-Cher ! Pluie, soleil, grands axes, chemins vicinaux, petits producteurs et gros négociants… C'est beau, la vallée du Cher. Il y a de charmants petits ponts qui enjambent la rivière. Et l'on trouve encore une centaine d'hectares de pineau d'Aunis (le cépage de X Noir) sur l'appellation touraine. J'ai imploré une vigneronne de m'en vendre une bouteille vinifiée en rosé bio. Elle est à l'abri dans ma cave à l'heure qu'il est. Hier, j'ai découvert un autre cépage oublié : le gamay de Bouze (rien à voir avec Jamel). Contrairement à "notre" gamay à jus blanc, cette variété d'origine bourguignonne est à jus rouge et donne un vin plus concentré. C'était, m'a dit le jeune vigneron, un des cépages de base de notre région au siècle dernier, et même jusqu'aux années 1970. Il m'a aussi fait découvrir la plus vieille vigne plantée en France (selon lui et d'autres, dont un ampélographe averti) : une vigne préphylloxérique donc (du romorantin en l'occurrence), qui aurait 160 ans. Très vigoureuse au demeurant… et sacrément émouvante.

Photo : Après l'Indre à vélo, vantée dans le Télérama du jour (spécial Val de Loire), le Cher en Ford Ka (rouge corail), louée pour l'occasion (pour ceux qui n'auraient pas suivi, je vis sans voiture, sans mari et sans enfants, mais ça va quand même). Question véhicule, il me reste à tester un bidon de la mission Mars 500. Une question me brûle les lèvres : les pauvres cobayes vont-ils être privés de vins et de bulles pendant un an et demi ? Mais que fait Ackerman !!!