juillet 2009 - XNoir

Cerveau lent

Je suis censée travailler cette semaine, mais j'ai le cerveau lent. J'ai fait un saut à la mer et, avec le zef qu'il y a, je ferais bien du cerf-volant. Cette petite maison, là, sur la photo, vous allez croire que c'est ma maison de vacances, justement. Ça pourrait : elle a ce côté balnéaire affirmé des années 30, avec ses briquettes en façade. Eh bien non, c'est la maison que je serai en train d'acheter demain, à la même heure. Rien que ça. Ben oui. je vide tous mes comptes, j'emprunte à un banquier bienveillant et je l'achète. Après, fini les envies de cerf-volant. Le cerveau va devoir tourner rapidement, en plein cagnard comme en plein vent ! Je fantasme déjà sur les petits feux de cheminée que je pourrai me faire à l'automne, en pleine ville, à deux minutes à pied de la gare. Sur la grande cuisine aménagée au fond du salon (cuisine au gaz de ville : quel confort pour les petits plats !) et le petit bureau mansardé. Sur le jardin au calme et son charmant cabanon en bois, où je pourrai planquer mon vélo. Car c'est décidé : au rebus la Twingo. Place au train, à la marche et au vélo. Il faut avoir le courage de ses idées et sauter le pas, un moment donné. Mon chat n'aura qu'à pédaler ! Je lui offre un nouveau jardin ; il peut bien faire un effort, le félin urbain.
Il va donc falloir rapidement faire péter les bouteilles d'X Noir et de Saumur Royal, pour fêter la signature. Autant vous dire que mes amis et ma famille sont dans les starting-blocks ! Je n'ai pas encore signé qu'on parle déjà de crémaillère… D'ailleurs, j'allais oublier de parler du sous-sol, où peuvent s'aligner et vieillir de nombreuses bouteilles. Des années que j'attends ça. Je vais enfin pouvoir rassembler ma diaspora vinicole, éparpillée ici ou là. Ne pleurez pas. C'est juste une question de mois, cette fois. Bon, je vous laisse, il y a un Podium Circus sur la plage avec des chats équilibristes. J'embarque Apollo pour qu'il applaudisse des quatre coussinets. Et pour lui donner des idées : des fois qu'il pourrait contribuer à rembourser mon prêt en faisant des tournées l'été…

Wanted œnotouriste

Vous êtes français, vous vous déplacez entre mai et septembre, jamais seul, vous dépensez une centaine d’euros en cave et appréciez les visites culturelles. Vous ne seriez pas œnotouriste des fois ? J’m’en doutais ! Dans ce cas, on risque de se croiser. Déjà, on aurait pu se croiser hier, lors de ma virée « Loire à vélo » jusqu’à Langeais. Sur 32 km, on a essuyé deux grains (drôle d’expression quand on y pense !). Pas trop grave. Bien urbain, le TER a gobé mon vélo et en 15 minutes, je regagnais mes pénates comme si de rien n’était, excepté le cuissard, bien sûr, que je porte rarement sans raison valable.
Si vous préférez la voiture, le Val de Loire possède aussi la plus longue route des vins de France (800 km). Le tout, c’est de bien penser à recracher pendant les dégustations… Il y a en effet quelque 300 caves touristiques prêtes à vous accueillir, dont la majorité se situe en Anjou-Saumur et en Touraine. Je vous conseille à cet égard de télécharger le guide 2009 « Invitation dans le vignoble de Loire » et la carte « Sur la route des vins de Loire » sur le site Internet des vins de Loire..
Au hasard, il y en a une qui s'appelle Ackerman, à Saint-Hilaire-Saint-Florent, près de Saumur. Ses galeries sont spectaculaires et, cerise sur le gâteau, on y expose des oeuvres d'art. En parlant de cerise, je ne sais pas ce qu'il se passe cette semaine avec ces fruits rouges à queue verte. Entre le clafoutis basque dévoré au Troquet vendredi avec Jérôme et le gâteau aux cerises d’Itxassou dévoré par Capucine, ma collègue blogueuse ès cabernet d'Anjou, en vacances au Pays basque, sans compter le clafoutis-Montmorency d'une fidèle lectrice, blogueuse elle aussi, on ne sait plus où donner du noyau ! Sur ce, je file poser ma tête sur mon oreiller, qui lui n'est pas rempli de noyaux.

Photo : Pourpre des salicaires dans le vert des ripisylves. La Loire, hier, depuis le pont de Langeais.

Il était une foire…

Il était une fois, une Parisienne d'adoption qui déboulait en Touraine pour suivre sa moitié et laisser derrière elle l'agitation vaine de la capitale. C'était le jour de la Foire à l'ail et au basilic, à Tours, et je découvris tout ébaubie ces nouvelles moeurs rabelaisiennes, à l'arrière-goût médiéval, dans les rues de la vieille ville. Huit ans après, pile poil, c'est donc avec une certaine tendresse que j'ai découvert en me levant ce matin l'odeur de l'andouillette dans toutes les pièces de mon duplex : car qui dit Foire à l'ail et au basilic dit andouillette au vouvray, grandes tablées et étals divers et variés. Si l'on comprend plutôt bien pourquoi Tours est associée à la vente de l'ail (la Touraine est une importante zone de production, notamment la région de Bourgueil), le cas du basilic est plus étonnant. Quelle est l'origine de sa présence lors d'une telle foire ? "L'explication pourrait venir des croyances médiévales, nous explique le site du CDT de Touraine. A l'époque, le bestiaire comprenait un petit animal peu recommandable, mi-serpent, mi-dragon : le basilic ! Le bon sens voulait alors que l'achat d'un pot de basilic fasse office de talisman, protégeant les réserves d'ail et chassant serpents, moustiques et mauvais œil !"

Quoi qu'il en soit, ça grouille et ça ripaille sec dans les rues ensoleillées de la "belle endormie", où j'ai posé mes valises il y a huit ans, donc. Un anniversaire qui me tient à coeur, même si entre temps l'oiseau que j'ai suivi ici s'est envolé avec mon bonheur. Mais comme je suis ornithologue, je sais combien un oiseau est mieux en liberté, qu'on ne peut jamais l'apprivoiser, tout au mieux l'observer ou l'attirer dans ses filets.
Bon, je retourne à mes fourneaux. J'ai un copain qui déboule : il fait Orléans-Nantes à vélo et fait étape en Touraine puis dans le Saumurois. Je dois donc préparer des sucres lents pour notre "pédalage" de demain. Fini les infidélités toscanes : j'ai remis le saumur-champigny au frais. Il était une foire…

Photos : Tresses d'ail, forêt de basilic… une tradition bien ancrée dans l'été tourangeau.

Blague à Parr

Un Corail Intercités, c'est tout de même autre chose qu'un train couchettes italien limite insalubre, qui arrive à Paris avec 1 h 40 de retard. Résultat, je rentre de vacances les yeux cernés au point que ma coiffeuse me soupçonne d'avoir fait des abus de toutes natures… Loin de moi cette idée ! Fini le ciel bleu toscan. Place à aux stratus tourangeaux après une météo parisienne pour le moins capricieuse : chaud, froid, pluie, soleil, cumulus, cirrus, comme pour me rappeler les différentes composantes de la climatologie reléguées aux oublis pendant mon séjour à Pomarance. Et un pic d’ozone, un ! En intraveineuse, si possible.
Outre ma dose d’ozone et de CO2, j’ai surtout pris une bonne dose de culture avec Jérôme, saupoudrée d’une pincée (enfin, une bonne poignée plutôt) de "bistronomie" pas locale du tout. Café-croissant excellents chez l’Auvergnat du coin (l'espresso est à un euro !) ; dîner plantureux chez le Basque du coin, Le Troquet, dont Jérôme me vantait les attraits depuis fort longtemps. Une ventrèche fondante aux couteaux et au parmesan, un pot au feu de queue et de joue de bœuf aux légumes d’été et un clafoutis à se damner. J’ai embarqué la fine bouteille de morgon pour y mettre mon vinaigre maison. Dès que j’aurai acheté ma petite maison avec jardin, ce qui ne saurait tarder, je récupérerai mon vinaigrier bien aimé. Oui, c’est promis, dès ce soir, je cesse les infidélités au vignoble ligérien. Les vacances, ça me rend volage !
Sans vouloir étaler ma culture comme de la confiture, nous sommes allés voir l’expo Planète Parr au musée du Jeu de Paume, l’un de mes photographes favoris. C’est moins une expo de ses photos que des images, des livres de photos et des objets qu’il collectionne méthodiquement. Je m’attendais à un déballage disparate, mais il y a une vraie cohérence et même beaucoup de sens, dans cette accumulation d’objets choisis. Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette œuvre très personnelle, les photos qui l’on fait connaître sont exposées à l’extérieur. Avec les cartes postales de Plonk & Replonk, ce sont les rares images capables de me faire rire de bon cœur. Comme de bonnes blagues. Des blagues à Parr.

Photos (saisies au vol par le iPhone de Jérôme) : Le pot-au-feu estival du Troquet, dans le 15e, à Paris. Ma quête du Graal à la librairie ''Le Divan'' : un livre sur Tokyo que Jérôme m’a fait découvrir lors de nos nombreuses conversations nippones. Drôle et graphiquement irrésistible.

La main à la pâte

Avalé, le Vargas. Avalé, le cours de cuisine. Dévorés, les plats préparés : bruschette tomate-basilic, lasagnes bolognaise et courgettes-mozarelle, poulet aux olives et tiramisu. Quatre heures dans les vapeurs de sauge, de romarin, de basilic, les mains dans la pâte à pâtes, ce qui est toujours mieux que les mains dans les pattes. Mercredi après-midi, nous avons appris à faire la pâte des lasagnes, que nous avons passée et repassée dans la machine adéquate jusqu’à ce qu’elle devienne une fine feuille d’une solidité incroyable, après une minute fatidique dans l’eau bouillante. Ça m’a rappelé quand je jouais enfant avec la pâte Play Doh, qui sentait l’amande, sauf que là, ça se mange. Et que c’est bon. Très bon même.
Mais quel boulot ! La béchamel à préparer, les légumes à détailler, les aromates à hacher, la viande à faire mitonner, les blancs d’œufs à faire monter, les biscuits à imbiber de café… On a fini exsangues… et affamées ! Les calories dépensées étant compensées par les calories ingurgitées, ça nous donne un bilan zéro et toujours quelques kilos en trop. A ceci près qu’on a beaucoup bougé dans la piscine bio, le matin, en phase avec les libellules, très affairées. Une question me taraude : le tiramisu est-il soluble dans l’eau bio ?

Photos : La tour de Pise, avant X Noir ; la tour de Pise, après X Noir. Pour les lasagnes, même combat : ça file tout droit ou tout de travers dans la machine infernale. Un travail d’orfèvre.

Il Cerreto

Qu’on se le dise, Margaux n’a pas d’accès Internet dans sa campagne toscane, donc Margaux est au chômage technique. Là, c'est exceptionnel, car je suis à San Gimignano, un village médiéval hyper touristique (et très beau), classé au Patrimoine mondial de l'Unesco, comme le Val de Loire. Vendredi soir, en arrivant de nuit, Margaux a mangé les meilleures pizzas de sa vie, avec deux bons verres de chianti (ben oui, j’allais pas demander du saumur-champigny). Préparées et cuites sous mon nez, dehors, au feu de bois. Me voilà donc dans ma hacienda biodynamique et j’ai déjà fait plusieurs fois trempettes dans la piscine naturelle, bordée de salicaires et de gauras, à l’ombre d’un pin parasol. Quand on sort de l’eau (chaude), les grenouilles sautent, c’est une merveille sans javel. Sur mon transat, où je parfais chaque jour un peu plus mon bronzage (de moins en moins agricole, bien que je sois dans une ferme), j’ai retrouvé Adamsberg. Pas mon amant de l’été, non, je ne vais pas m’encombrer avec ça (j’ai bien assez de mes bagages et je n'en ai pas l’utilité, même chez les ritals). Adamsberg, le héros de Fred Vargas. Quand j’ouvre un Vargas, c’est vraiment les vacances. Piscine, lecture, piscine, lecture. Cuisine, lecture, cours de cuisine, piscine… A vous de poursuivre la liste : c’est un sudoku toscan, d’une logique imparable. Cela étant, je risque de ne pouvoir vous donner des nouvelles que jeudi, quand je retournerai à la civilisation, à Florence.

Photo : Ce que l’on voit de notre cuisine : à droite, la terrasse privative. En contrebas, des chèvres blanches. En fond sonore, le bruit du vent dans les cyprès et le chant des cigales. Chaud dehors, bon dedans, grâce aux murs épais de la vieille bâtisse.

In tartiflette we trust

Ce soir, je fais la maline parce que j'ai bu un coup de rosé, mais je n'en menais pas large, cette après-midi, en plein cagnard. Oui, ce truc suspendu plus ou moins dans le vide, là, sur la paroi, c'est bibi. Une via ferrata qu'ils disaient. Faut pas mourir bête, que je m'disais. Bon, ben ça, c'est fait. Niveau D = difficile, a dit le guide. J'aurais préféré PD : peu difficile. Mais c'était difficile et j'en ai bavé. Je me demande même comment j'ai surmonté ma peur alors que je suis incapable de surmonter des trucs a priori moins effrayants… Probablement parce que je n'avais pas le choix : je n'allais pas bloquer toute la cordée, non plus. Gourde, OK, mais pas lourde, quand même.
Palourde, ah… ça me rappelle la mer, ce lieu plat, à 0 m d'altitude. Je le savais déjà, mais ça se confirme : je suis une fille de la mer, née d'un père normand et d'une mère bretonne. Ça laisse des traces et pas seulement pour le goût du beurre demi-sel… La via ferrata ne se gêne pas pour vous le rappeler. "T'es ridicule, ma fille, avec ton casque rouge et tes prises à deux balles, qu'elle te dit, la via ferrata. "Mais ça fera 52 euros, quand même", qu'il te dit, le guide de haute montagne. Heureusement que je n'étais pas sponsorisée par X Noir pour cet exploit sportif : j'aurais coulé la marque ! Mais je n'ai pas tout perdu : en redescendant, dans un pierrier casse-gueule, j'ai été quelques minutes en tête à tête avec un chamois, à quelques mètres de moi. Et ce soir, on a mangé des macarons de l'Auberge du Père Bise. Et ça, croyez-moi, ça se mérite.

Fast food or slow food ?

Pas de bol, Marc Veyrat a fermé son restaurant, comme Olivier Roellinger. Alors ce soir, on a testé son fast food bio, lui aussi situé près du lac d'Annecy. Le concept est sympathique, mais c'est un peu cher. On choisit ses plats dans les rayons : plats chauds dans des bocaux que l'on fait réchauffer, sandwiches aux saveurs étonnantes, produits locaux sympathiques… Personnellement, j'ai choisi l'exotisme : très bons sushis de maquereau au sésame et excellents rouleaux de printemps aux légumes de saison, avec des émulsions bien relevées, puis une "Coupe au taquet" (drôle de nom) avec de la glace praliné, de la chantilly et un biscuit chocolaté dans le fond. Bon, mais pas de quoi fouetter un chat. Ce qui est sûr, c'est que ça n'a de fast food que le nom. C'est près d'un rond-point et d'un parking, OK, mais j'ai mis un temps fou à observer toutes ces réjouissances à goûter avant de choisir ma proie.
Après tout, j'avais bien mérité ma pitance, après la virée à vélo le long du lac, sur cette piste cyclable qui monte et qui descend. Sans compter la rando d'hier, censée être une mise en jambe : au final, plus de trois heures de marche au-dessus du lac avec des vues vertigineuses à faire défaillir Jérôme Galland. On s'est perdues, mais on a passé un bon moment sur les cimes, avec les grands corbeaux, les zygènes et le casse-noix moucheté. Une jeune anglaise nous a ramenées en voiture, sans quoi nous y serions peut-être encore, sur la crête ! Ça nous a donné un avant-goût de la via ferrata de demain. Moi je dis, vivement qu'on bulle dans la campagne toscane. Tout ce sport, c'est pas des vacances !

Photos : Panorama superbe sur le lac d'Annecy lors de la randonnée au balisage aléatoire. Petits remontants dans le fast food bio de Marc Veyrat, Cozna Vera, qui a ouvert il y a quatre mois.

"Mignonne allons voir si la rose…"

Je pars en vacances dans un quart d'heure. 2,40 € le café noisette ! En gare de Lyon, la baisse de la TVA n'a pas été répercutée… Hier soir, en dînant avec Isabelle, à Paris, j'ai entendu le feu d'artifice à défaut de le voir. Dommage : j'adore les feux d'artifice. J’ai beau avoir vécu douze ans à Paris, je ne l’ai jamais vu dans la capitale : jamais là au bon moment. C’est bêta.
Pour les amateurs, il y en aura un dimanche prochain qui clôturera le dîner champêtre de la 15e Ronde des Coteaux-du-layon, à Saint-Lambert-du-Lattay. Pour continuer sur les festivités angevines, c’est aujourd’hui que s’achèvent les 50e Journées de la Rose, à Doué-la-Fontaine. Leur inauguration par Rama Yade, il y a quelques jours, a été une bonne publicité pour la cité de la rose, premier producteur européen de rosiers. Ces journées spectaculaires mettent en scène 100 000 boutons de roses au cœur d’exceptionnelles caves de falun, dites « caves cathédrales ». Je les ai visitées de nuit au flambeau : c’est très impressionnant. A noter également pour les amateurs de bucéphales, la 160e édition du Carrousel de Saumur, qui se déroulera le week-end prochain, sur le site du Chardonnet. Au programme, des tableaux équestres des officiers élèves de cavalerie et de leurs instructeurs. Les écuyers du Cadre Noir, dans leur tenue noire et or, proposeront ensuite les figures classiques de l’équitation à la française, les traditionnels sauts d’école et la célèbre reprise de manège. L’animation « Tous à Cheval » constituera une occasion unique de faire ses premiers pas à cheval, au cœur de la cité. Sans moi, toutefois ! J’adore les chevaux, mais je n’aime pas m’asseoir dessus… C’est haut, c’est inconfortable et ça tangue !!! Comme dirait Scoubidou : « Samy, j’ai peuuuuur ! »

Photo : Fin juin, dans le cadre des rendez-vous gourmands « Mets Vins & Mon Jardin », X Noir était à l’honneur aux Chemins de la Rose, l’une des plus grandes roseraies de France au cœur du Pays saumurois.

Ban public

Andy Warhol y a pensé avant tout le monde. Le sculpteur britannique Antony Gormley l'a fait. Depuis hier, des anonymes se succèdent sur le quatrième socle vide de Trafalgar Square, l'un des sites touristiques les plus fréquentés de Londres. Ils jouent les statues et profitent de l'heure de gloire que leur offre l'artiste. Au total, quelque 2 400 volontaires tirés au sort se relaieront nuit et jour, pendant 100 jours consécutifs. Après la star cachée chez un homme devenu virtuel (comprenez Mickael Jackson), voici des stars virtuelles et éphémères cachées chez M. et Mme Toulemonde. Si j'avais su, j'aurais postulé. Ça m'aurait pris une heure sur mes vacances et j'aurais brandi une bouteille de X Noir comme on brandit un César. Vous imaginez la pub ! Réclame et art mélangés. Du vrai Warhol sauce Margaux.
Trève de flagornerie. Des artistes du quotidien et du rien, j'en ai vu beaucoup hier dans le film réjouissant de Bruno Podalydès, Bancs publics. La distribution est incroyable, mais aucun rôle ne domine, et je trouve ça audacieux de désacraliser Deneuve en cliente de Brico Dream (ou Brico Dram, c'est selon les caprices du néon…). En affichant sa sinistre banderole "Homme seul" sous sa fenêtre, le héros du film mobilise une pléïade de personnages attachants, qui se croisent et se toisent. Tantôt au square, tantôt au bureau ou chez les bricolos. Un pur bonheur qui aurait enthousiasmé Tati (eh oui, encore une filiation évidente !).
Bon, va falloir que je vous laisse. J'ai pas beaucoup de matos dans mon duplex, mais j'ai un marteau, un marqueur, du tissu et des pointes. Juste de quoi suspendre à ma gouttière remplie d'eau de pluie : "Femme seule qui entend bien le rester".

Photo : Hier, pour la dernière soirée du festival Terres du son, Abd Al Malik, lui, n'a pas volé son heure de gloire. Ni star, ni imposteur. Juste un artiste sincère et philosophe.

Thomas, le haut-de-forme et l'ukulélé

Comme Emily Loizeau, il est arrivé dans une longue robe blanc cassé, flanqué d'un haut-de-forme et d'une redingote. Un peu plus tard, il a tombé la robe pour dévoiler un pantalon écossais bien coupé sur des santiags. Il n'y a que Thomas Fersen pour oser de tels accoutrements sur scène sans que personne ne s'en étonne. Il porte bien le galurin. Normal, il vient d'une autre époque. Mieux, il mélange savamment les époques dans ses textes, comme les genres, dans sa musique, aux accents tantôt menuet, tantôt rock, tantôt bretons… Et ça fonctionne à merveille. On aime (ou pas) son univers et sa musique très personnels, émaillés d'instruments qu'on ne croise pas souvent : flûte, grosse caisse, banjo, guitare hawaïenne (son fameux ukulélé)…
En allant fouiner sur son site, je découvre que Dominique A y a chroniqué son dernier album. Ça me surprend ! Moi qui vénère les deux bonshommes, à mille lieux l'un de l'autre, je n'aurais jamais imaginé de passerelle possible. Comme quoi…
A propos, je ne vous l'ai jamais dit, mais Dominique A a réagi assez vite à la dédicace que je lui ai faite dans mon dernier bouquin sur les oiseaux. Il l'a donné à son fils de onze ans, qui s'est détourné une dizaine de minutes de ses jeux numériques (un exploit, visiblement). Et Dominique A lui-même l'a potassé : "Quant à moi, j'y ai aussi glané quelques infos édifiantes sur nos amis ailés, décidément une mine à sujet de chansons (mais je me retiens, évidemment)." Dixit Dominique !

Photos : Thomas Fersen, hier soir, au festival Terres du son, à Monts. Ce soir, place au grand Abd Al Malik. Pourvu que la météo soit clémente !

Jour de g(L)oire

Il y a l'embarras du choix, ce week-end, pour les Ligériens. C'est la 8e édition de Jour de Loire, d'une part, et c'est le 2e jour du festival Terres du son. Pour ma part, le choix est fait, puisque mon poignet droit est orné d'un beau bracelet turquoise qui m'y donne accès pour les trois jours. Jamais fait ce genre de festival woodstockien dans ma jeunesse. Mieux vaut tard que jamais. En tout cas, j'ai beaucoup aimé la première soirée : Emily Loizeau, dans sa belle robe blanche ultra-romantique, puis le reggae teuton, qui a mis le feu. Sophie est restée sceptique (en parlant de sceptique, Sophie a aussi découverte les toilettes sèches) devant le hip hop beat box de Tez. On ne savait pas trop ce que c'était. En fait, c'est un gars qui fait tout avec sa bouche (tchi tchi tcha, OK, OK, tchi tchi tcha, boum, boum…). Pas facile à faire en onomatopées, mais c'est très impressionnnant vocalement parlant. Une sorte d'homme orchestre sans instrument, qui sollicite ses cordes vocales plus que de raison. Enfin, après la galette andouillette et la crêpe beurre-sucre, on a remis ça avec ce que j'ai supposé être Yuksek, un mélange de Daft Punk et de Justice, toutes proportions gardées, tout à fait à mon goût. Bon, je dois vous laisser pour y retourner. Il y a une navette à 17 h ! J'ai rencard avec Thomas Fersen, donc pas question d'être en retard…

Photos : Emily Loizeau, hier soir, à Monts. Le château de Candé, qui contraste avec la programmation alternative de Terres du son. Un endroit magique aux couleurs de X Noir, vous ne trouvez pas ?

« Rame, rame, rameur, ramer »

Je ne peux pas être plus au bout du bout de la Loire. Je suis à Saint-Nazaire, comme Tintin dans Les Sept boules de cristal, et je vais remonter le fleuve (en train, pas à la rame, je vous rassure) jusqu’à Tours. Le ciel et l’eau font cause commune pour amplifier le gris de la ville portuaire, réveillé par le rouge et le blanc du pont qui franchit gracieusement l’estuaire. Rouge et blanc des cheminées et des grandes girafes métalliques, orange des torchères de la centrale de Cordemais. Ce paysage industriel fait vite place aux champs, où les balles de foin patientent, sagement alignées. Nous sommes à deux pas de la Brière, terre chérie d’Erwan, avec qui j’ai fait du canoë, hier, sur le lac de Grand-Lieu. On le surnomme le lac tropical et j’ai compris pourquoi. D’une part parce qu’il change très facilement de niveau. Mais aussi parce que ses paysages sont exotiques. En glissant tranquillement sur l’eau, malgré le clapotis, on a surpris des hérons de très près, des guifettes moustac en train de pêcher, des milans noirs, grèbes et autres cormorans dégingandés.
Après deux heures de coups de pagaie qui ont réveillé ma tendinite, nous nous sommes rassérénés devant un feu où Erwan, aussi bon pêcheur que talentueux photographe, a fait griller un filet de truite balèze, qu’on a arrosé d’un coteaux-du-loir blanc rapporté de la Sarthe dans ma valise à roulettes. Fameux !
Nous nous sommes échangé nos derniers livres et j’ai été gagnante. Le sien est beaucoup plus beau que le mien. Il a réalisé les photos qui illustrent les textes du grand cuistot de La Mare aux oiseaux, son copain Eric Guérin, établi en Brière justement. Une table étoilée Michelin dans un site remarquable, où l’on peut aussi dormir. Encore une excellente adresse que je vous recommande. Vous laisserez vos pagaies à l’entrée !

Terres du son

Mon banquier est formidable ! Il est jeune, breton (de Douarnenez, patrie du kouign ammann), rock & roll et vient à l’agence en vélo. On continue à parler de tout sauf d’argent. Fabuleux ! C’est tout ce qu’il me fallait. Il s’occupe d’un festival musical en Touraine, où je vais passer une partie de mon week-end : « Terres du son ». Cinq ans que ça existe. Déjà, le titre sonne bien. Moderne et agricole à la fois : j’aime bien cette polysémie. Et j’aime bien la polyvalence de la programmation, d’excellente qualité (70 concerts en plein air entre vendredi et dimanche) : deux scènes, une principale et une alternative (sans compter la scène village, gratuite), des têtes d’affiche (en l’occurrence Fersen, que je vénère, Abd al Malik, The Rakes, Emily Loizeau, Daby Touré…) et des découvertes prometteuses (The Herbaliser, Fumuj, Kiemsa…). Voilà qui va me ragaillardir les neurones, moi qui suis un peu larguée sur les nouveautés (entrev autres…). Autant dire des genres différents : chanson, électro, rock ska, folk, pop, musique du monde, hip hop…
Si j’ai bien compris, on pourra se désaltérer sur un filet perché à 7 m dans les arbres et faire des dégustations florales ! J’ai hâte de voir ça, avec ou sans X Noir. Comme le festival se veut exemplaire sur le plan écologique (gobelets consignés, toilettes sèches, cendriers de poche…), je vais faire l’effort d’utiliser les navettes qu’ils mettent en place entre Tours et Monts. C’est une excellente initiative. Ça se passe en effet au château de Candé, qui est un site d’exception, par-dessus le marché. Du beau monde dans un bel endroit, quoi. Pas mal comme week-end pour démarrer mes vacances !

Joyeux Bercy

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, voici la réponse à la première étape du grand jeu de l’été « De vigne en ville ». Je remets la bouteille en jeu, les réponses ne s'étant guère bousculées ! Ces ceps ont été photographiés samedi dans le parc de Bercy, un jardin très sympa, près de la Cinémathèque française, entre le célèbre Palais omnisports végétalisé et les chais du Cour Saint-Emilion. Il occupe l'emplacement d'anciens entrepôts vinicoles qui furent le plus grand centre mondial de négoce en vin et spiritueux au 19e siècle. J’avoue que ce fut pour moi une découverte (je suis passée par là après avoir revu l’exposition sur Tati, Deux temps trois mouvements. Quand on aime…). L’aubaine, c’est qu’il y avait zéro taxe en dehors de Paris. On faisait donc venir le vin par bateau sur les quais de la Seine, et par wagon-citerne (d’où la présence de rails encore visibles dans le parc), depuis la gare de la Rapée aujourd'hui disparue. Parenthèse historique, c'est à l'époque romaine qu’on commença à planter des vignes à Lutèce. Au XIIIe siècle, Paris abritait l'un des plus grands vignobles d'Europe ! Sous Louis XIV, s'ouvrit à Bercy le premier entrepôt de vin, qui marqua le début de trois siècles d'activité ininterrompue, jusque dans les années 50.
Bercy était appelé le " joyeux Bercy ", car le tout Paris se pressait dans les guinguettes, sur les bords de Seine, où le vin était bien moins cher que dans la Capitale. Les temps ont changé ! Personnellement, j’ai bu un panaché en terrasse du café de la Cinémathèque. Il y a des transats et un DJ qui passe des musiques de films. C’est cool. C’est un autre visage de Paris, que j’aime aussi.

Photo : Potager, aromatiques, prairie… plusieurs jardins animent le parc de Bercy, d’où l’on aperçoit les tours de la Bibliothèque nationale de France. Trois anciens bâtiments vinicoles ont été conservés : la Maison du Lac, la Maison du Jardinage et le Chai de Bercy. Dans le « Le jardin romantique », au centre d’un bassin, une étonnante sculpture est dénommée " Demeure X ". Je me demande si on y trouve du X Noir ? Mais non, en fait, ça se dit Demeure 10…

De ville en vigne (1)

Je décide que c'est le jeu de l'été. Au fil de mes pérégrinations, je vous soumettrai des photos de vignes. Le gagnant recevra une bouteille de X Noir à boire bien fraîche, sous un parasol. Du coup, ça me condamne à ne pas trop vous raconter où j'ai traîné mes guêtres ce week-end. Une manière subtile de faire ma feignasse ! Après tout, en juillet, vous m'accorderez bien des posts plus légers ! Sans compter que je n'aurai pas toujours de Wifi pour vous raconter ma vie, quand je serai au fin fond de la Toscane et du Cantal. Il faudra être indulgent, braves gens. Allez, voici une première image, sans indice. Réponse mardi midi. A vos ceps, prêts, bloggez !

EXcentriK

Après le double suicide sur la voie et l’accident de moto du mois de mars, nouvelle saga ferroviaire ce matin. Pour une fois que je prends un TGV pour Paris à 7 h 27, un samedi… En fait, il n’est jamais venu. On a mis trois quarts d’heure au lieu de 5 minutes pour faire Tours-Saint-Pierre-des-Corps sans savoir pourquoi. Comme j’avais écouté les infos, on en a déduit qu’il y avait un lien avec le grave accident de Limoges. A Saint-Pierre, M. Hulot et Harry Potter n’auraient pas été dépaysés : annonces inaudibles, chaos général. Le TGV restait invisible sur les panneaux comme sur le quai « 9 trois-quarts » cher au jeune sorcier. Une heure s’est volatilisée dans l’espace-temps et me voilà dans un train parti, bon an mal an, une heure en retard, sans qu’on nous livre la moindre explication.
J’aurais peut-être mieux fait de rester dans le Val de Loire, finalement ? Ça m’apprendra à jouer la nomade. Surtout qu’il y a de belles manifestations, ce week-end, notamment à Saumur, dans le cadre des Rendez-vous du Patrimoine mondial.
L’occasion de pousser jusqu’aux caves d’Ackerman pour y admirer la nouvelle exposition estivale, eXcentriK, dédiée aux cuvées Blanc de Noir et X Noir. Réalisée par le duo toulousain VSRK, elle combine peintures et vidéos projetées sur le tuffeau et offre un univers imaginaire spécifique pour chaque cuvée. Dans la salle de la verrière, une évocation des textures et des robes de Blanc de Noir. Dans la grande galerie, un hommage onirique à X Noir à travers les nouveaux codes de représentation de la beauté… Vous aussi, vous êtes prisonnier d’un TGV ? Pas de panique, c’est jusqu’au 30 septembre. Tous les jours, de 10 h à 18 h. Visite : 1,50 € . Tél. : 02 41 53 03 21.

Epousailles

De ma journée intense à Paris, je retiendrai, outre les captivantes interventions du colloque "Culture(s) et développement durable", qui se déroulait au Conseil économique, social et environnemental, que les Franciliennes ont une propension nouvelle à utiliser un éventail dans le métro, ce qui leur confère un petit air désuet. L'odeur musquée de la touffeur métropolitaine, en revanche, est intemporelle… En sortant à l'air libre (si tant est qu'on puisse parler d'air libre à Paris, l'été), même impression que sur le scooter hier, à Tours : mais où est donc caché le sèche-cheveux géant qui nous pulse cet air étouffant ?
En tout cas, je ne sais pas si c'est le soleil qui me tape sur la tête ou quoi, mais j'ai décidé de me marier. Inutile de vous esbaudir ni de prendre le mors aux dents : je vais juste épouser une cause (pas folle, non plus), avec qui je suis fiancée depuis un paquet de temps. Celle de l'écologie. J'espère que ça sera plus constructif que mes épousailles précédentes.
Corinne Lepage, en clôturant le colloque de son discours positiviste, a achevé de me convaincre, s'il en était besoin. Bon, je résume, bien sûr, le point d'orgue de plusieurs heures d'interventions de haute volée - socio-linguiste, sinologue, prospectivistes, Edgar Morin… - ou décalées (avec l'humoriste Marc Jolivet et plusieurs slameurs qui ont slamé) ; quant à Yann Arthus-Bertrand, comme d'habitude, il n'avait pas grand chose à dire. "Nous vivons un moment historique et fantastique", a donc proclamé Corinne Lepage. Nous sommes arrivés à la fin d'un modèle et la crise est une opportunité de changement qui nous ramène à l'essentiel. De choix microscopiques peuvent découler 200 ans d'histoire. Nous avons pu aller sur la Lune (on fêtera d'ailleurs bientôt les 40 ans), nous allons bien être capables de régler nos problèmes sur Terre. "Il n'est de vrai responsable qu'optimiste", a-t-elle conclu. Pour ma part, quand même, histoire d'être sûre de mon choix, je vais embrasser encore un peu la cause avant de l'épouser. C'est toujours le début le meilleur, non ?

Photos : Contraste en une seule journée. Le plafond étonnant de l'hémicycle du Conseil économique, social et environnemental (Palais d'Iena), oeuvre de Perret (Auguste, pas Pierre !) : un lieu solennel en diable. Au buffet d'Ethique et toques, de savoureux petits fours, du chablis et du cheverny bio. Quant aux jambes, ce sont celles de touristes que je présume américaines, photographiées au ''Pick-Clops'', un bar top branchouille du Marais où j'ai mangé un bagel moyen arrosé d'une blonde basique pour la modique somme de 15 €, et sans sourire. Je suppose qu'on paie le décor fifties très étudié ? J'imaginerais bien boire du X Noir dans ce bar…

Ecran total

J'avais plus ou moins projeté de retourner pour la troisième fois à la Fête du cinéma, ce soir, mais j'ai finalement opté pour le taï chi sur l'île Simon, avant d'aller boire des bulles à la guinguette de Tours-sur-Loire. J'avais un invité surprise, chose qui ne m'arrivait jamais à la campagne. C'est un des avantages de la vie en centre-ville, par ailleurs assez prévisible dans une bourgade de cette taille, où l'on croise malheureusement toujours les mêmes gens : des amis débarquent parfois chez vous à l'improviste, et j'aime ça, pour peu que je ne sois pas en pyjama sur mon Poäng. Surtout qu'en ce moment, avec les 30°C qui règnent dans mon duplex, je suis souvent dans une tenue indescriptible (je remercie d'ailleurs mon interphone et les deux étages de me faire gagner du temps, dans ces cas-là !).
Bref, il y avait foule à la guinguette et les transats étaient de sortie pour le ciné plein air de 22 heures. Au programme, ''Sous les pavés la terre'', un documentaire sur les alternatives écolo crédibles, avec notamment Pierre Rabhi. Je ne suis pas restée, car je me lève à 6 heures demain pour assister à un colloque à Paris, avec Edgar Morin et Arthus-Bertrand (j'y vais pour le premier). Marie et Pierre-O, mes alter ego (et alter-écolo, je devrais même dire "haltère-écolo" pour Pierre-O !!!) me raconteront. Une bouffée d'air rebelle, en pleine canicule, de toute façon, ça ne peut faire que du bien !

Photo : La Loire en transat, un nouveau concept moins fatigant que la Loire à vélo, immortalisé ce soir par le iPhone de mon ami photographe, Christophe Courteau (encore un : j'en ai quatre, de vrais amis photographes, deux sous chaque bras). C'était juste avant le début de la projection en plein air à la guinguette.