février 2009 - XNoir

Rendons à César…

Tours, 27 février. Une journée importante pour moi. Rien à voir avec le calendrier. Ce soir, c'est la cérémonie des Césars ! Les Oscars, je m'en tamponne le coquillard. Mais les Césars, allez savoir pourquoi, ça m'a toujours scotchée devant la télé. Mon côté midinette, probablement, dès qu'il s'agit de cinéma français, d'honneurs, de pleurs et de paillettes. C'est bête, mais c'est comme ça. C'est mon rituel à moi avec mes compagnons de cinéma. Ceux qui, à longueur d'année, de files d'attente et de fauteuils usés, me font rire et pleurer. Sauf que, contrairement à la vraie vie, toujours je m'en remets. Un César, figurez-vous, j'en ai hébergé un quelques jours dans mon salon. C'était celui d'un ami, Philippe, ingénieur du son, récompensé pour Microcosmos il y a douze ans. On avait fêté ça et j'avais conservé la lourde compression sur ma cheminée, juste pour voir. Ça jette, il faut bien le dire. Avec du recul, je me demande d'ailleurs comment c'est fait et ce que ça représente. Je l'avais pourtant scruté sous toutes ses coutures, mais je ne m'en souviens plus. Quoi qu'il en soit, ce soir, ce sera Antoine de Caunes le maître de cérémonie, ce qui est déjà un gage d'humour et de qualité. Après le palmarès, j'invite tous les "nominés" à boire un coup de X Noir aux Trois-Ecritoires. Catherine Frot, Jacques Gamblin, Jeanne Balibar, Karin Viard, Yolande Moreau, Agnès Varda… Allez, à bas le snobisme. Zappez-moi le Fouquet's. Rendez-vous devant le "monstre", place du Grand-Marché. A ce soir !

Photo : le César de Philippe dans les mains de mon ami Hervé.

La vie en rose ?

Je vous préviens, je vais encore la jouer "météosensible". Quelle merveille, ce soleil ! On a bullé une heure en terrasse, ce midi, avec Marie. Pour fêter ça, j'ai investi dans un nouveau parapluie, les baleines de mon vieux pépin ayant déclaré forfait lors de la dernière tempête. J'ai opté pour le parapluie Eco d'Isotoner, fait à 75 % de matières recyclées. Ouverture et fermeture automatiques, s'il vous plaît ! C'est pas parce qu'on consomme durable qu'on doit régresser dans le confort. Comme j'hésitais entre le noir et le gris, la vendeuse m'a chaudement recommandé l'anthracite, censé être plus gai sous la pluie. Face à cet argument imparable, je n'ai pas osé la contrarier. Et je suis ressortie sous un grand soleil, mon parapluie sous le bras, moi qui ne l'ai jamais sur moi quand il pleut… Et comme visiblement c'est l'été, j'ai craqué pour une liquette Petit Bateau 100 % lin, col tunisien manches 3/4. C'est bien le lin. Bien moins glouton que le coton en eau et en pesticides pour être cultivé. C'est encore un peu juste pour la porter. Mais qui sait, pour mes quelques jours de congé, la semaine prochaine ? Dernière emplette du jour, une petite poêle Evergreen de chez Aubecq, que j'ai choisie pour son revêtement anti-adhérent sans Teflon (une vraie cochonnerie), sans PTFE (comprenez "polytétrafluoréthylène") et sans métaux lourds. C'est à base de céramique et ça n'attache pas. En plus, la couleur (vert acidulé) est sympa. Ajoutons le fait que j'ai fait ces courses à pied, et ça donne un bilan carbone pas trop mauvais. Que voulez-vous, on a les défis qu'on peut. C'est pas plus mal que deux des protagonistes filmés dans le documentaire de Jean-Thomas Ceccaldi, diffusé hier, sur France 5. Plutôt intéressante, sa démarche, de filmer des gens ordinaires à Coulommiers. Seulement voilà, dès qu'ils ont un peu de moyens, les gens en question s'achètent une bagnole. Et tant qu'à faire une belle bagnole. Ça m'a consternée. J'ai éteint le poste. Si c'est ça être ordinaire, on ne doit pas fonctionner avec le même carburant…

Photos : La vie en rose selon Gilles Martin. Ces microphotographies sont extraites du calendrier géant MicroMégas 2009, toujours en vente sur son site au profit d'une bonne cause. Devinez de quoi il s'agit : hormis la fleur, je vous souhaite bien du plaisir !

Gris souris (blanc de noir : la suite)

Bon, ben c'est le matin et il pleut. Allez… au revoir. Non, je rigole. Je suis douchée, habillée, depuis un moment même, et censée travailler. Là, ça se complique. S'il y avait des TER pour le Cambodge, je partirais rejoindre Corinne sans me poser plus de questions que ça. Seulement, il n'y a pas de TER pour le Cambodge (pour Thouars, c'est déjà compliqué), et je me pose des questions. Je suis née comme ça, je mourrai comme ça. C'est ballot. Quand je pense qu'il fait 34 °C à Phnom Penh et que Gigi se baigne à Tel Aviv. Qu'est-ce que j'fous là ? Ma seule fuite possible et raisonnable (?) aurait été Neuchâtel ; mais qui se baigne dans le lac de Neuchâtel, entre nous ? Alors, il me reste Les Atlantides, au Mans, ou la piscine du Lac, à Tours. Il paraît que celle d'Avoine est pas mal non plus, mais il faut du blé… N'importe quoi ! Bref, des glouglous javellisés et des plantes vertes artificielles, bien imitées. Et puis d'abord on ne dit plus piscine mais centre aquatique. Rien à voir : c'est deux fois plus cher et il y a deux fois plus de monde. Bon, j'arrête de râler dès le matin. Que voulez-vous ? C'est l'hiver depuis le mois de juin, chez moi. Alors de temps en temps je m'énerve, puis ça passe, puis je m'énerve, puis ça passe. Pas vous ? Au diable le réchauffement climatique. Ça caille ! “On nous ment, on nous spolie !!!” Arlette avait raison. On aurait dû l'écouter. Travailleurs, travailleuses, je m'en retourne travailler.

Photo : C'était dimanche soir, le fameux apéritif autour du crémant blanc de noir, avec moult choses à grignoter. Déjà célèbre pour sa galette maison, René crève de nouveau le blog en nous versant les bulles avec une classe folle et son tee-shirt arborant “C'est mieux que la prison”. Tu l'as dit, bouffi ! (c'est une expression, ça ne vise pas René en particulier).

Blanc de noir

Trois jours qu'on s'observe, elles et moi. Elles sont arrivées de bon matin, j'étais encore en pyjama quand mon facteur, affable, me les a confiées. Ça, c'est un coup de Julien, le pousse-au-crime, qui m'enjoint de faire une infidélité au X Noir. Me voilà bien, avec deux crémants de Loire sur les bras. Obligée d'organiser un apéro (je ne vais quand même pas les boire seule ?). C'est ce soir, rive droite. J'ai, entre autres, débauché la tante de Corinne, qui se dévoue gentiment. J'avais eu un avant-goût très positif de ce blanc de noir (un vin de fines bulles élaboré uniquement avec des raisins noirs), lors du salon “Divin Chocolat”, dans les caves d'Ackerman, en décembre dernier. Ce soir, je vais peaufiner la dégustation en bonne compagnie, avec des petits tartines de La Belle-Iloise (allez sur le site, juste pour le plaisir d'entendre les goélands et le clapotis des vagues). Il faudra être patient pour se procurer le crémant de Loire blanc de noir d'Ackerman, très élégant dans sa collerette argentée, tout en sobriété : il ne sera disponible qu'à partir de mai (7,90 € TTC départ caves). Tant pis, on boira du X Noir, en attendant…

Photo : Julien Goudeau, l'âme du cellier chez Ackerman-Rémy Pannier. Angevin, mais pas chauvin, gourmand assumé, ce « gars du Layon » suivait, adolescent, son père dans les caves du coin. Si le chenin donne, selon lui, parmi les meilleurs blancs du monde, il avoue sans rougir son attrait pour les banyuls et les vieux rivesaltes ambrés, pour les chablis, vifs, minéraux et complexes, ou encore pour les rouges du Bordelais, bien structurés. Avec un cannelé (son pêché mignon, détrôné par le chocolat), il boit volontiers un saint-émilion « tendre ». Avec des saint-jacques, « toujours un blanc sec ». Avec des toast de saumon ou de foie gras, « une bulle ou un bon liquoreux ».

A dada sur mon bigos

Le livre de recettes cinématographique se renouvelle. Après les dobitchus de M. Preskovic, voici le bigos de Roman Polanski. Il s'agit ni plus ni moins d'un plat polonais entre choucroute et pot-au-feu. J'en mangeais régulièrement avec Philippe et Martine, quand nous fréquentions un chaleureux restaurant polonais de la butte Montmartre (le repaire du grand réalisateur Kieślowski, d'ailleurs). Le bigos, donc, est le prétexte d'un dîner entre amis (ou supposés tels) dans le dernier film de Danièle Thompson, Le Code a changé. L'idée est simple et le mayonnaise prend, en dépit des clichés. Dans une apparente bonne humeur pointent les angoisses de chacun, les failles et les mensonges des couples. C'est plutôt bien fichu, très bien joué, bien construit et j'ai ri (surtout grâce à Arditi). Le code a changé, mais chacun respecte les codes de la bienséance pour faire (plus ou moins) bonne figure. On a tous vécu ça, entre amis ou en famille. On peut déplorer le parisianisme et les soucis somme toute très bourgeois des protagonistes : cancérologue, gynécologue, avocats, gens de cinéma, danseuse… Franchement, vous en fréquentez beaucoup, dans votre entourage ? Gageons que tout ce petit monde fera un tour au Salon de l'agriculture, ce week-end, pour se remémorrer l'odeur du fumier. Sarko y a fait sa tournée des popotes, avec une tête de six pieds de long. Il faut dire que les animaux aussi donnent bien du souci au gouvernement. Même un cheval de la Garde républicaine a voulu se faire la malle, mercredi dernier. Garibaldi (c'est son nom, et ce fut longtemps la station de métro où j'habitais) est parti à bride abattue en flairant l'Elysée, éjectant sans cavalière sans autre forme de procès. Peut-être un ministre réincarné en bucéphale survolté ? Indifférent au cheval fiscal, l'étalon a pris la rue de Rivoli en sens interdit. Sa course folle a été stoppée à Bastille (tout un symbole). Ça fait une trotte. Le canasson n'est pas en garde à vue, mais a perdu quelques crins sur son permis de galoper. Quant à notre Président soucieux, il cravache dur pour défendre son cheval de bataille sans monter sur ses grands chevaux.

Photo : Quelques morceaux de la belle brochette de comédiens du Code a changé : Marina Foïs, excellente, Patrick Bruel, émouvant et juste, Karin Viard, fidèle à elle-même, et Christopher Thompson, fils de sa mère, et donc petit-fils de Gérard Oury, tout de même ! © DR

Le beurre, l'argent du beurre et la crémière

Contrairement à ce qui a pu se colporter sur mon compte, il suffit de peu de choses pour faire mon bonheur. Un peu d'amour et beaucoup de beurre. La journée a du coup fort bien commencé, quand j'ai fait mon marché. Pas pour l'amour (je n'ai rien trouvé dans les choux), mais pour le beurre, j'ai été servie. En sillonnant les Halles de Tours, je découvre que Pascal Beillevaire, affineur de Machecoul à la réputation interplanétaire, a ouvert une boutique en lieu et place d'un autre fromager. Ça fait trois semaines et ça m'avait échappé. Il est grand temps que j'astique mes prunelles. Razzia dans la vitrine réfrigérée : panna cotta, crémet nantais, petits pots de crème au chocolat… sont en grande discussion dans mon (petit) Frigo. C'est la fête de l'entremets ! Dire que j'ai failli m'exiler en Suisse… Si ça, c'est pas un signe ! Que je vous explique, quand même, cet engouement qui peut paraître excessif. Beillevaire, moi, je le connais depuis toute petite, quand il vendait lui-même ses produits au marché de La Bernerie, avec sa blouse grise IIIe république. J'adorais (et j'aime toujours) aller au marché de La Bernerie, le vendredi et le mardi, pendant les grandes vacances. Ma mère m'achetait Les Pieds nickelés et Lili & Agi. J'arrête mon quart-d'heure nostalgie. J'ai faim. Je suis sûre que vous aussi.

Photo : Les joies de la pêche à pied à La Bernerie-en-Retz, où j'ai découvert Pascal Beillevaire, lequel remonte petit à petit le cours de la Loire.

Les arènes de Lutèce

C'est vraiment beau Paris. Y a pas à tortiller. Je ne m'en lasserai jamais. Pour un peu, hier, je me serais presque vue y retourner. Ça vit, ça grouille. Mais ça pue et ça klaxonne. Un pied gare Montparnasse et c'est la tachycardie. Juste une pause déjeuner sereine avec Marie-Christine. Grosse déception néanmoins : le japonais Miki de la rue de Louvois était fermé alors qu'on a tourné un quart d'heure pour le retrouver, plan en main, en bonnes provinciales égarées, le ventre vide. J'ai dû me rabattre en toute hâte sur des carbonara. Remarquez, des sucres lents, ce n'était pas de trop avec six rendez-vous à caler avant de reprendre le TGV, où j'ai plaisir à m'affaler pour rentrer dans mon terrier. Un pied à la gare de Tours et c'est le désert. Couvre-feu à 19 h. Lelong a soldé ses dernières brioches, Hardouin n'a plus de pain, Apollo me miaule dessus. J'allume machinalement la télé en mangeant ma soupe bio et revois avec émotion La chambre des officiers, que j'avais adoré au ciné. L'histoire, très bien filmée et magnifiquement interprétée, d'une gueule cassée pendant la Première Guerre mondiale.
Je n'ai pas la gueule cassée (encore que, au figuré…), mais j'ai le cortex embrumé. Deux jours d'école la semaine dernière et c'est le rhume assuré. Le premier de l'hiver, ma foi. Tué dans l'oeuf à grand renfort d'effervescence. Ça ne vaut pas les bulles de X Noir. A quand un cépage au paracétamol ? Ça doit bien pouvoir se faire en OGM, puisque l'Afssa a dit que ça n'était pas dangereux pour la santé, les OGM. Et dire que c'est une cousine éloignée qui dirige cet organisme ! Sur ce, je vais dévorer mes makis californiens. Ça devrait bien passer avec un Tastemets Chenin.

Photo : Paris, vue depuis mon parapente. Vous n'y croyez pas ? Vous avez raison. Cette photographie est prise depuis une rédaction, au dernier étage d'un immeuble. Puisque personne n'a encore gagné au quiz de Gilles Martin, je remets la bouteille de X Noir en jeu pour qui trouvera de quel journal il s'agit… Ceci dit, pour le parapente, ça va venir, je vais m'inscire, mais pas à Paris. Suspense hitchcockien! Mais chut… Ne dites rien à ma mère.

Téléchat

Mon chat a regardé la télé quelques secondes ce soir. J'en suis sûre. Il léchait un pot de Danette et s'est détourné vers l'écran où chantait un merle dans la campagne anglaise. Je suppose qu'il cherchait l'oiseau. Bredouille, il a replongé le museau dans le pot. Ça m'a fait penser à Téléchat, ce mini-journal télévisé de mon enfance animé par Groucha (toujours la patte dans le plâtre) et Lola, l'autruche sexy au décolleté plongeant. Cette production franco-belge, créée en partie par Topor, était incroyablement novatrice pour l'époque et reste aujourd'hui très décalée. Personnellement, j'ai peut-être le syndrôme Benjamin Button, mais elle me fait encore plus rire qu'avant ! Dans le genre novateur, je suis allée voir Le Bal des actrices hier. Cette fiction légère déguisée en documentaire m'a enchantée. Il y a une belle brochette de comédiennes, dont mes actrices fétiches : Balibar, Karin Viard, Romane Bohringer, Muriel Robin… En gros, il ne manquait que Valérie Lemercier ! Quant à Joeystarr, il m'a bluffée par ses répliques drôles qui sonnent vrai. Beaucoup de talent, cette Maïwenn, et une BO sympathique.
Autre révélation du week-end, le dernier album de La Grande Sophie. Il était grand temps : Des vagues et des ruisseaux, c'est son cinquième album studio. A noter, une belle reprise de Barbara (Dis, quand reviendras-tu ?, à propos…). La Grande Sophie passe au Mans en concert le 6 mai. On a le temps vous me direz. Personnellement, j'y serai (je me ferai toute petite). Allez, bonne nuit, amis des gluons.

Cartable, buvard et corde à sauter

Je suis retournée deux jours à l'école cette semaine pour "enrichir mon style". Ma première formation depuis que je suis sortie de l'IPJ, il y a quatorze ans. Et ce fut bien sympathique ma foi. Blagues potaches, exercices, dictée plus dure que celle de Pivot (j'ai fait 9 fautes, la moyenne classique étant de dix selon notre formateur, Pascal Perrat, l'éveilleur d'idées), cantine pas terrible, rien ne manquait à l'exception des billes et de la corde à sauter. Pas pensé à emprunter celles d'Iris, 8 ans et demi, qui en compte de fort jolies. On aurait pu faire quelques parties avec Juliette, Stéphane, Hélène et Marie.

Après un gros coup de mou en milieu de semaine, je tente de positiver tant bien que mal. Les jours rallongent et mes nuits raccourcissent. Chaque matin, à 6 heures, un merle au meilleur de sa forme clame sa présence sur l'antenne de mon toit. Comme si les piétinements de mon chat ne suffisaient pas. Ça sent le printemps. Les mésanges pépient à l'envi, les bourgeons débourrent, les rameaux reverdissent. Symptôme de la saison, j'ai entendu vrombir une tondeuse pas plus tard qu'avant-hier. Le gazon n'a qu'à bien se tenir et les lombrics à chausser leurs boules Quiès.

Ah oui, j'allais oublier ! C'est la Saint-Valentin. Super. Comment dire ? Bon, je ne dis rien. J'ai compris cette semaine qu'il valait parfois mieux s'en tenir au silence que de s'exprimer, surtout grisée par un pétillant saumurois ! Ça vous attire parfois des ennuis. Bref. Je vous donne quand même une idée de sortie avec votre mie ou votre jules. Un dépaysement au coeur du Val de Loire. On peut y dîner, y dormir, y barboter ou s'y faire masser. L'originalité du Domaine des Thomeaux, un manoir typiquement tourangeau restauré récemment, ce sont les chambres, toutes décorées de manière thématique avec des objets rapportés de différents pays : Vérone, Lisbonne, Meknès, Shangaï… Pour qui voudrait se dévouer pour m'y inviter, mes préférées, c'est Alpage et Kyoto. Allez, à ce soir : je vais me pomponner ;)

Photo : La fritillaire pintade, qui sortira bientôt de terre dans le superbe bocage du Véron, en Chinonais.

Hello Darwin

Il y a deux cents ans pile naissait Charles Darwin. On a coutume de dire qu'il fut l'inventeur de la théorie de l'évolution. En réalité, il y eut des précurseurs, mais c'est lui qui la développa le mieux, avec force argumentations. Comme nombre d'espèces qu'il a patiemment étudiées, la pensée de Darwin est aujourd'hui menacée. Rejetée par les fondamentalistes religieux, qui refusent d'accepter que l'Homme n'est pas LA création de Dieu. On les appelle aussi les créationnistes et 40 % des Américains seraient partisans de cette contestation. En France aussi, l'idée fait son chemin et l'enseignement de la théorie darwinienne, qui fait autorité dans le monde scientifique, ne va plus de soi. C'est grave. Pourquoi Adam et Eve ont-ils un nombril ? Qu'est-ce que la sélection naturelle ? Sous une apparence complexe, ''Darwin, c'est tout bête !'', pour reprendre le titre du dernier livre de mon copain Marc Giraud, un journaliste naturaliste qui n'a pas son pareil pour parler des bestioles et de leurs frasques avec humour, rigueur et simplicité. On lui doit déjà Le Kama-sutra des demoiselles (pas de X ni de X Noir dans ces pages, ne vous méprenez pas !), un best-seller en la matière, et Calme plat chez les soles. Son livre sur Darwin est de la même veine : ça se lit tout seul et c'est captivant. A la fin du bouquin, on a beau savoir qu'on est une bête, on se sent vraiment moins bête.

Photos-quiz : A qui appartiennent ces trois yeux ? Je vais voir si le gagnant peut remporter une bouteille d'X Noir, mais je ne vous promets rien, il faut que j'en cause en haut lieu ! Evidemment, Gilles Martin ne peut pas jouer, puisque c'est lui qui a pris ces photos et qui nous en fait profiter gentiment. Pleure pas Gilles, je te filerai une bouteille de coteau-du-layon. Je connais ton goût pour les vins doux !

Qui c'est Valentin ?

Il est 4 heures du matin et il faut se rendre à l'évidence : je ne dors pas. Enfin du moins, je ne dors plus. Apollo a l'air tout étonné d'être au lit la lumière allumée, tout nyctalope qu'il est. Force est de constater que j'ai un peu mal aux cheveux. On a peut-être un peu forcé sur le X Noir, avec Hélène, hier soir. Six mois qu'on ne s'était pas tapé la cloche, faut dire. Il fallait bien arroser dignement nos retrouvailles et mes zygomatiques s'en souviennent encore. Pour un peu, j'aurais des courbatures à la figure.
Que vous dire, par ce petit (très petit) matin ? Que je déteste la Saint-Valentin… et qu'elle me le rend bien ! Samedi, moi, j'irai au ciné et je mangerai des crêpes. Je troquerai mes bulles de Loire contre un cidre de Cornouaille. En parlant de bulles, Hélène a expérimenté le “X Noir doggy bag”. J'ai remis un bouchon sur le goulot, elle a enfourché son vélo, emportant son effervescence dans la nuit noire.

Photos : La Saint-Valentin vue par mon ami Gilles Martin, grand photographe animalier devant l'éternel. Le romantisme… et la réalité plus prosaïque du terrain !

Rôder dans les confins… le ventre plein

« Travaillez moins pour lire plus ». J’ai déjà remarqué avec amusement cet écriteau sur la porte d’une librairie de Tours. Je le retrouve sur le marque-page glissé dans le dernier ouvrage de Kenneth White (Les Affinités extrêmes, joli titre), que je viens d’acheter dans une librairie d’Aurillac, où je viens de dédicacer mes deux derniers bouquins. Ce livre, dit le poète écolo d’origine écossaise dans son avant-propos, est un « manifeste anti-médiocratie », qu’il définit comme « une caricature de la démocratie où le médiocre est la valeur de référence ». Avec le nomadisme intellectuel qui lui est propre, Kenneth White explore dans cet essai les œuvres des auteurs qu’il estime être parmi les plus stimulants de notre époque (Michaux, Céline, Cioran…). J’ai eu l’immense privilège de le rencontrer dans son « atelier atlantique », il y a deux ans précisément. Dans les combles de sa maison bretonne, à même le jonc de mer, une multitude de dossiers étaient alignés méthodiquement, entravés par des galets comme si un coup de vent risquait de les faire s’envoler. Les murs étaient recouverts de cartes topologiques, météorologiques… Sur le chemin de fer qui me ramène vers le Val de Loire, je me souviens de ses mots : « Nous sommes arrivés au bout du “ chemin du faire ” de l’Occident. Nous sommes dans un creux rempli de riens. Seule la planète constitue notre dénominateur commun. » Belle invention que la pensée pour rôder dans les confins, loin de la médiocrité du quotidien. Je ne me sens jamais mieux qu’entre l’errance et… ma résidence. Quand on n’est déjà plus ailleurs, mais pas encore tout à fait là-bas. Mais point de réflexion sans vaches et sans cochons : j’ai 900 g de salers tip top dans ma valise à roulettes, un super saucisson et une bouteille de palhàs qui leur tient compagnie. Merci Sylvie !

Photos : Ailleurs, quelque part dans le Cantal, où gambadaient quelques chamois. Le puy Mary, pyramide parfaite sous un ciel gris.

Bain cantalien, douche écossaise

Ce billet a été réalisé sans trucage. Mon premier bain de minuit, je l'aurai expérimenté sous la neige, dans une eau à 40 °C. Un bain nordique, ça s'appelle, dans l'unique Størvatt du Massif central. On se "baque" un bon moment dans ce tonneau de cèdre rouge, puis on se vautre dans la neige, recto verso. Curieusement, ce sont les pieds qui supportente le moins bien le froid. Cette prouesse accomplie, je suis retournée infuser dans la nuit, sous une pleine lune voilée. Avec Stéphane et Virginie, les jeunes "patrons" d'Alta Terra, un ancien hôtel de Lavigerie restauré tout écolo avec beaucoup de goût, on a fait un échange de bons procédés. Ce soir, je leur ai fait goûter du X Noir ; ils m'ont fait découvrir deux bons vins cantaliens : un assemblage bio de gamay, de pinot noir et de syrah, aussi surprenant qu'agréable, et un chardonnay, tous deux issus de jeunes vignes élevées en terrasses à 800 m d'altitude. C'est le vin de pays des Palhàs de Molompize. Un bonheur, hier soir, avec la potée d'Yvette. C'est vrai qu'on connaît mal le vignoble auvergnat, en dehors du saint-pourçain. J'ai fait plein d'autres belles rencontres, que je vous garde sous le coude pour plus tard, car il se fait tard. Je vais rejoindre les bras de Morphée (si je retrouve le numéro de sa chambre !).

Photos : Au bar d'Alta Terra, on a troqué du X Noir contre du Palhàs, avant de barboter dans le Størvatt et de rouler dans la neige !

Imagine-toi…

C'est la première fois que j'applaudis un spectacle sans faire de bruit. Non, je n'ai pas gardé mes moufles. Mais un spectacle de mime exige que l'on s'adapte un minimum. Déjà que nous n'avons pas ri en silence. Plus qu'un spectacle de mime, c'est un one man show inclassable que celui de Julien Cottereau, Molière de la révélation théâtrale en 2007. J'avais déjà remarqué son visage lunaire dans Haut les cœurs, aux côtés de Karin Viard, et son air ahuri dans le dernier film de Solveig Anspach, Back Soon. Le retrouver sur scène dans son propre univers fut donc un grand bonheur, un moment de grâce comme on en connaît peu. Un corps élastique comme le chewing-gum imaginaire qu'il mâchouille à l'envi, transforme en corde à sauter, en lasso ou en attrape-mouche, selon les besoins, un visage tendre, incroyablement expressif, et un don exceptionnel pour les bruitages, synchronisés à merveille sur les gestes gauches et hésitants des spectateurs qu'il débauche volontiers sur scène, quitte à prendre leur place dans le public. C'est désopilant, c'est émouvant. Il faut aller voir Julien Cottereau (il passe à Nantes samedi, puis reprend du service aux Bouffes parisiens), qui apparemment est manceau. D'après ma mère, nous avons partagé la même école primaire. Je suis née trois ans trop tard, si j'ai bien compté. Dommage, j'aurais bien aimé le croiser à la récré.

Dent pour dent

On claque des dents, encore, ce matin. De mon bureau, je vois le sommet scintillant des arbres qui bordent la rive gauche de la Loire. C'est bizarre, comme si le bout de leurs branches était recouvert d'une peinture argentée, qui brille au soleil. Jamais vu ça, ma foi. A moins qu'il ne s'agisse de fientes de cormorans, accumulées au fil des nuits, ce qui serait beaucoup moins "glitter" ! Peu importe, c'est joli de loin.
Bon, je ne suis pas allée à Angers hier recevoir mon trophée : ma danse de la pluie a réussi et les flocons m'ont clouée dans mon salon !
Pour les Parisiens qui n'auraient rien à faire ces jours-ci (pas sûre que ça existe), c'est l'ouverture de l'Oral-Bar, demain, et jusqu'au 4 février : 120 m2 de concept-bar éphémère dédiés au soin du sourire et des dents. Incroyable, non ? On pourra y faire le plein de vitamines et découvrir les bienfaits de certains aliments pour les dents, faire le point sur sa santé bucco-dentaire avec les conseils d’un expert dentiste, se relaxer dans un fauteuil massant, un lit à hydrojets ou bénéficier d’un massage du visage, avant de repartir avec une brosse à dents gratuite !
Moi je dis, il faut décliner le concept en Val de Loire. Imaginer un bar-baignoire rose et noir dans lequel on boirait du X Noir. Une saumure au sel de Guérande où l'on boirait du saumur. Un bain effervescent où l'on boirait du crémant. Il est midi, je vous laisse : j'ai la dent !

Merci à Jules, le jeune mannequin édenté, et à Jérôme Galland, LE photographe.

Miroir, mon beau X Noir

Je me mire dans les bulles du vin de Loire : bon sang, ça déforme ! C'est moi ça ? Vivement l'été… Dans une bulle de rosé, ça donne le teint hâlé. Toute pétillante je suis. Je vous le dis ou je vous le dis pas ? Si je vous le dis, je vais passer pour une prétentieuse. Si je ne vous le dis pas, on va me dire que je boude mon plaisir. Contournons le problème : c'est officiel, la maison Ackerman est lauréate de la 3e édition du concours Wine Blog Trophy dans la catégorie “Meilleur Blog Vigneron / Négoce du Val de Loire”. "Moi je dis, chapeau !", comme dirait notre ami François Morel. Ont également été récompensés, dans la catégorie “Journaliste / auteur”, Jim's Loire, et dans la catégorie professionnel du vin, Julien Pichoff & Damien Bonnabel, pour Find a wine qui, comme son nom l'indique, est en français.
J'ai loupé Sciences Po Paris il y a 18 ans et je n'ai jamais dépassé le premier tour au tournoi de tennis d'Allonnes, mais demain, belle revanche, je recevrai mon premier trophée des mains d'une créature que j'imagine irrésistible. Mais je n'aime pas les honneurs. La neige, très probablement, va voler à mon secours. Pas le temps d'installer des pneus neige sur ma Twingo supersonique. Pas question d'emprunter les chaînes de Matthieu pour aller jouer les divas au Salon des vins de Loire qui démarre. Scotchée à la météo, je fais la danse de la pluie devant mon chat, interdit. Et comme il fait au moins moins zéro, c'est-à-dire environ moins deux, ça devrait faire des flocons, au final, et je vais être bloquée dans mon duplex 24 heures au bas mot. Alors j'imagine, cette créature irrésistible, au micro, annonçant à un parterre de fans en délire, que Margaux est restée coincée dans les intempéries, figée à jamais dans une congère comme son héros, Hibernatus, et conservée définitivement à 36 ans. A ceci près que lui buvait du whisky, moi du X Noir. Applaudissements.

Photo : Le baromètre de tante Suzanne, plus fiable que la danse de la pluie.