Par Margaux,
vendredi 30 janvier 2009 à 06:07 : Esprit Val de Loire
Nous sommes arrivées de nuit à Savennières en riant comme des bossues. Le temps de déposer nos affaires dans la chambre d'hôtes, sur la place du village, et nous étions déjà reparties pour dîner à La Terrasse, à Bouchemaine. La météo ne se prêtait guère à des agappes en extérieur, mais nous avons quand même contemplé l'impressionnant panorama sur la confluence de la Maine et de la Loire, laquelle, sortie de son lit même en pleine nuit, léchait affectueusement le bord de nos bottines en charriant de la mousse. Etrange, cette ambiance. Pour couronner le tout, j'ai entendu ma première chouette avant d'aller me coucher, cuite, dans un lit aussi froid que la terre cuite. En repartant le lendemain, Sophie m'a montré une fort belle vue sur le fleuve depuis le haut de la Coulée de Serrant, un vignoble historique de Savennières, cultivé en biodynamie sur de raides coteaux, notamment avec un cheval.
Nous sommes reparties de jour, sous un soleil franc du collier, comme le cabernet ! Trêve de blagues nulles, j'ai fait en route plus ample connaissance avec la dame du GPS. Aimable, imperturbable et imperméable à mes blagues nulles, justement. Hyper concentrée dans sa fonction pour que nous gardions le cap sur la Touraine, distraites que nous étions. Pour un peu, on regarderait l'écran plus que la route. C'est super dangereux, finalement, ce truc-là, vous ne trouvez pas ?
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Par Margaux,
mardi 27 janvier 2009 à 01:33 : Esprit Val de Loire
Je suis toujours allée à Chaumont l'été, pour le Festival des jardins. Alors voir les cèdres et les topiaires enveloppés de brume, ça m'a fait bizarre. Depuis la cour du château (le seul, avec celui de Langeais, à dominer la Loire), on ne voyait même pas le fleuve. Une vraie purée de pois. Heureusement qu'Alex MacLean a eu plus de chance en survolant le domaine en montgolfière : ce fut son baptême de l'air en ballon ! Etonnant pour un photographe multi-tâches, capable de piloter son Cessna tout en prenant des photos aériennes. Pensant que son expo allait s'arrêter, nous sommes allées la voir avec Faustine dans la Galerie du château. Treize tirages grand format de cet Américain engagé, qui "laboure" les paysages nord-américains depuis le ciel pour dénoncer les dangers qui les menacent et les aberrations urbanistiques. Toutes les images sont tirées de son ouvrage OVER, Visions aériennes de l'American way of life : une absurdité écologique. Franchement, feuilletez ce livre impressionnant, à la fois esthétisant et effrayant.
La bonne nouvelle, c'est que l'expo est prolongée jusqu'au 1er mars. Après, un petit mois s'écoulera et ce sera de nouveau le temps du Festival international, dont la 18e édition aura pour thème Les jardins de couleur. La présidence du jury a été confiée à Michel Pastoureau, historien médiéviste et spécialiste incontesté de la couleur, auteur mondialement reconnu de nombreux ouvrages sur le sujet (le dernier, sur le noir, est paru au Seuil, en décembre dernier, mais il a aussi écrit sur le bleu). Un monsieur passionnant que j'ai eu l'occasion d'interviewer il y a quelques années. Et comme cette année sera sous le signe de la couleur, elle marquera aussi le retour de Patrick Blanc (!), avec une oeuvre inédite. Vivement le printemps ! Bye bye, la ouate (ce n'est pas ce que je préfère) !
Photos :
Chaumont dans la brume © Margaux
Des nuages éparpillés au-dessus des zones semi-désertiques du nord-ouest de l'Arizona. Le plus souvent, ils ne font que passer sur cette région qui a une faible moyenne de pluviosité. © Alex MacLean.
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Par Margaux,
dimanche 25 janvier 2009 à 10:39 : Esprit Val de Loire
Hier, je suis allée à une soirée festive. Ce qui devrait être un pléonasme. Mal m'en a pris. Pourtant, je m'en faisais une joie. J'étais sur mon 31 (bien que rentrée de Troyes, pour ceux qui suivent…). Dès les premières minutes, je me suis ennuyée ferme. Il m'aura fallu à peine trois heures pour déprimer de bon coeur. J'avais oublié combien une soirée, festive donc, peut être mortifère quand on erre en célibataire. Ah, tous ces célibataires qui toisent leurs célibats, qui guettent jalousement (ou perfidement) le moindre couple en gestation !
En jouant au blind test musical, j'ai gagné une gomme, 1 Lion et 2 Petit Pimousse (merci les B 52's). A l'heure tant redoutée du quart d'heure américain, j'ai jeté mon dévolu sur les incontournables Tagada (après tout, j'étais redevenue enfant). Pour faire couler le tout (j'avais oublié combien c'est sucré, une Tagada), j'ai repris un peu de rosé d'Anjou, faute de broyer du X Noir. J'aime bien les tubes des années 80 (et ça n'est pas Faustine qui dira le contraire), mais pas jusqu'au petit matin. Allez, vous reprendrez bien un peu de saint-marcellin ?
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Par Margaux,
vendredi 23 janvier 2009 à 12:46 : Esprit Val de Loire
Il fait un vent à décorner les boeufs. Ça souffle, ça siffle, on se croirait à Brest, rue de Siam. On a vraiment l'impression que les bourrasques s'engouffrent dans l'estuaire depuis Saint-Nazaire et qu'elles remontent jusqu'à nous. En même temps, il fait étonnamment doux, comme une douceur de bord de mer. Ça sent le printemps, quand le soleil se pointe après une averse diluvienne. D'ailleurs, il a fallu que je sois à Paris, il y a dix jours, pour entendre chanter mon premier merle. Aujourd'hui, les mésanges pépient. La Loire, déchaînée, charrie des alluvions marron et d'étonnantes lumières. C'est beau.
Comme on est au bord de la mer, indéniablement, Faustine et moi sommes allées manger une morue à la plancha au Douro, un excellent restaurant portugais avec un pudim à se damner. Un petit vinho verde par là-dessus et il ne reste plus qu'à faire la sieste ! A mon avis, ça doit aussi bien fonctionner avec un saumur blanc bien frais. Ma séance de taï chi a achevé de me remettre d'aplomb. C'est étonnant, cette discipline, leçon d'humilité permanente où l'on apprend à maîtriser des gestes “le coeur en accord avec l'intention, l'intention en accord avec le souffle, le souffle en accord avec l'énergie”. Ça souffe ; je souffle.
Photo : Le pont Wilson (dit "pont de pierre") et la bibliothèque de Tours (1957, classée monument Historique), vus depuis l'île Simon.
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Par Margaux,
mardi 20 janvier 2009 à 21:51 : Sur vos tablettes
J’ai un peu l’impression d’habiter dans le TGV en ce moment, surtout quand il stationne inopinément en pleine voie (une tendance lourde, ces temps-ci ; le gibier a bon dos…). Encore une journée harassante à Paris entre salons et rendez-vous. Après un passage express chez ma fidèle coiffeuse (ça fait seize ans que je la suis d’un salon à l’autre, tel un rémora sur son requin), j’ai de nouveau eu droit à une perfusion de macarons, de chez Ladurée cette fois, avec un excellent café de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le salon qui suivait se tenait avenue Hoche, une artère sans intérêt en dehors du Monopoly. Pourquoi les conférences de presse n’ont-elles jamais lieu à Saint-Ouen ou à Saint-Denis ? Le temps de descendre l’avenue, j’ai croisé un sac Vuitton, une BMW, le siège de Dior. Comme j’aime le choc des cultures, j’ai choisi Joey Starr sur mon MP3. Ça dépayse l’oreille.
De retour de cette pêche aux infos, voici quelles réjouissances nous attendent dans le Val de Loire, cette année. Pour l’Anjou, j’ai noté, outre le 600e anniversaire de la naissance du roi René, l’ouverture d’un nouveau tronçon de la Loire à vélo, qui permettra dès juin de pédaler dans les ardoisières de Trélazé jusqu’à la Daguenière, dans la vallée horticole (18 km). Les paysages miniers et la traversée de l’Authion à bord d’un bac à chaîne constitueront des curiosités de poids pour ce nouveau parcours.
Pour la Touraine, on retiendra d’ores et déjà la Grand’messe du Slow Food, Eurogusto, programmée du 27 au 30 novembre, avec un Marché des trésors de la gastronomie européenne et quelque 400 producteurs bio attendus. On en salive d’avance.
Illustration : Les bons vœux d’MHAD, un couple d’artistes bretons que j’affectionne particulièrement (cf. Bons souvenirs de Bretagne, éditions Albin Michel). La Saint-Sylvestre me paraît déjà fort loin, mais il est encore temps d’envoyer ses vœux, pour ceux qui sacrifient à cette tradition.
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Par Margaux,
vendredi 16 janvier 2009 à 21:32 : Escapades

Je suis déjà allée à Douz avec ma moitié. Cette fois, nous sommes allés à deux à Troyes, mais pas pour un cinq-à-sept. Jamais deux sans trois : un de ces quatre, j’irai probablement à Sète. Pas vraiment ascètes, ces deux jours à Troyes. Les bulles de champagne ont coulé jusque dans l’andouillette de Patrick Maury, sympathique maître artisan qui accumule les coupes (pas de champagne, de récompenses : plus de 70, dit-il). Je ne soupçonnais pas autant de richesses dans cette petite ville de l’Aube, dont je ne connaissais que l’illustre et désopilant Raphaël Mezrahi. J’ai donc goûté le fameux rosé des Riceys, un rosé de macération courte 100 % pinot noir, qui n’est élaboré que quand l’année est belle. En 2007, j’vous l’donne en mille, zéro bouteille. On prétend que c’était le vin favori de Louis XIV, qui le connut par les maçons des Riceys chargés de bâtir Versailles. Intéressant, donc, ce rosé sec, mais de là à payer 15 euros la bouteille… Ce qui est rare est cher. Un caviste nous a conseillé l’andouillette avec du champagne (à base de pinot noir). Pour les petits budgets que cette association chiffonnerait, un beau chardonnay fera l’affaire. Alexandre, l’œnologue qui fabrique la prunelle de Troyes sur son vieil alambic en cuivre (1856), la recommande quant à lui avec un chablis bien vif. Plus vif que l’état végétatif dans lequel je rentre de ces deux jours à Troyes. Je ne vais pas grimper mes escaliers quatre à quatre. Ni une ni deux, je vais filer au lit pour redémarrer à neuf.

Photos : L’andouillette de Troyes de Patrick Maury (cuite avec du champagne), un must qui se moque des 5A.
La maison du Dauphin, à Troyes, aussi biscornue que les andouillettes de Patrick Maury.
Il faut aller au Musée de l’outil et de la pensée ouvrière pour y voir voler des truelles. Le rêve de tout ornithologue bricoleur.
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Par Margaux,
mercredi 14 janvier 2009 à 17:24 : Escapades
Après l'olive de Nyons et le picodon fermier, je suis passée sans transition à la salade d'algues et de radis blanc, au fondant de porc à la japonaise et à la gelée de thé matcha. Une manière comme une autre d'adoucir le retour à l'agitation et à la grisaille parisienne après cette respiration drômoise salutaire. Servis dans un bento à trois cases, avec un bouillon goûteux et du riz, les plats de Chez Miki, un minuscule restaurant japonais (17 couverts !) de la rue Louvois, sont succulents et singuliers. Dans ce lieu sobre et chaleureux, on déjeune pour 15 euros, un miracle dans le quartier de l'Opéra. Voilà une adresse qui pourrait bien détrôner ma table coréenne bien aimée (Shin Jung, 7, rue Clapeyron, dans le 8e), qui a baissé en qualité et en quantité. Dans l'épicerie japonaise de la rue des Petits-Champs, j'ai enfin retrouvé les Kasugai peas au wasabi qu'Isabelle m'avait fait découvrir. Une sorte de petits pois croquants que j'adore grignoter à l'apéro. Avec des bulles pour apaiser le piquant de ce condiment nippon.
Photos : Près du hameau de Valouse, en Drôme provençale.
Les chèvres alpines chamoisées de la Ferme de Pracoutel, à Vesc… et les picodons en gestation.
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Par Margaux,
lundi 12 janvier 2009 à 23:14 : Escapades
Deux heures de TGV, 14 °C de plus. Ça vaut le coup de descendre dans la Drôme provençale. Ciel bleu pétant, pas un nuage, 16 °C dans l'après-midi. Avec Jérôme, on a tombé le manteau pour faire des photos dans les oliveraies, où la cueillette des tanches (les olives du coin, succulentes) touche à sa fin. On a goûté l'huile d'olive de Nyons, la première à avoir décroché une AOC en France. Une bonne huile d'olive, ça se déguste d'ailleurs comme un vin (seule sa couleur n'a pas d'importance), dans un petit verre. 
Au cours de nos deux repas, on a aussi découvert le vinsobres : 14° lui aussi ! Le millésime 2004 de ce soir avait une bonne tenue. Excellent, avec la selle d'agneau servie au restaurant de L'Autre maison. C'est le premier cru des côtes-du-rhône en Drôme provençale à avoir décroché l'AOC, il y a deux ans. Amusant comme nom de commune, face au mont Ventoux, dont le sommet est saupoudré de neige. Aussi blanc que la couette sous laquelle je me glisse en rêvant du picodon qui nous attend demain ! Encore une AOC. AOC comme : "Allez, on se couche !". C'est l'heure, après tout.
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dimanche 11 janvier 2009 à 20:45 : Sur vos tablettes
Ce midi, alors que nous nous apprêtions à prendre l’apéritif, Christophe a cassé le bouchon de la bouteille de X Noir en voulant la déboucher. Le bougre. Catastrophés, nous l’avons vu recourir au bon vieux tire-bouchon pour finir sa besogne. Perplexes, nous avons planqué nos têtes dans nos bras, comme quand on dort sur la tablette d’un train. Pas envie de finir borgne. C’est arrivé à l’oncle d’une amie à cause d’un bouchon de champagne. Bref, l’affaire s’est terminée sans dommage et nous avons finalement pu, le X Noir bu, ripailler autour d’un bourgueil. Résultat, je suis la diète dans le TGV. Tout au mieux grignoterai-je en guise de dîner quelques biscuits alsaciens que m’a rapportés ma voisine. Je finirai par deux clémentines pour me donner bonne conscience. La charcuterie, ce sera pour jeudi. Ça tombe bien, je serai à Troyes pile poil pour le lancement d’Escales Gourmandes, le jour de la Saint-Antoine, qui marque traditionnellement la nouvelle année charcutière. Du 17 au 24 janvier, dans plusieurs villes de France, certains établissements inviteront leurs convives à découvrir ou redécouvrir les charcuteries au travers de nombreuses dégustations gratuites. Personnellement, j’adore les cochonnailles. Une Mancelle qui vit à Tours est fatalement tiraillée entre deux cultures radicalement différentes (autant dire un déchirement perpétuel) : celle des rillettes du Mans et celle des rillettes de Tours (plus foncées). Je ne rentrerai pas dans la polémique : trop dangereux. Je laisse à mon webmaster le loisir d’ouvrir un forum sur cette question cruciale si le besoin s’en faisait sentir. Lequel risque de se demander si c’est du lard ou du cochon.
PS : Au fait, le dicton qui me sert de titre est totalement fantaisiste. Ne vous avisez pas de le reprendre au risque de vous ridiculiser.
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Par Margaux,
samedi 10 janvier 2009 à 15:49 : Gastronomie
Qu'est-ce que c'est bon une galette de chez Lelong. Tous les Tourangeaux (voire des “estrangers” gourmets !) connaissent déjà les brioches de cette institution, dites "brioches de la gare". C'est pas compliqué, la boutique, qui ne paie vraiment pas de mine, est juste à la sortie de la gare, sur la gauche, à l'angle de la rue. Elle ouvre très tôt le matin et ferme quand la dernière brioche est vendue. Il n'y a que ça à vendre, du reste, dans ce commerce désuet, avec son carrelage à petits carreaux et ses vendeuses indéboulonnables. Quatre sortes : les individuelles (nature ou au chocolat), les longues et les rondes. Mais là, en ce moment, il y a aussi des couronnes et des galettes "à la crème d'amande" a insisté la vendeuse. "C'est plus léger que la frangipane". J'ai testé ce midi avec mon frère, et on s'est resservi. Qu'est-ce que c'est bon, avec un p'tit café de la brûlerie voisine. On n'a pas bu de bulles, parce qu'on avait déjà bu du saumur pendant le déjeuner. Après les fêtes, on fait un peu attention. D'autant que la semaine prochaine, j'ai deux reportages gastronomiques de calés dans la Drôme provençale, puis à Troyes. Nougat de Montélimar, olives de Nyons, andouillette de Troyes, rosé des Riceys… Cette appellation m'intrigue. Apparemment, c'est l'un des meilleurs rosés du pays, issu exclusivement du pinot noir de la commune des Riceys, dans l'Aube, deuxième patrie du champagne après la Marne. Ce vin de légende, élaboré par une vingtaine de vignerons, aurait un bouquet de fleurs sauvages, de violette et de noisette. Sa spécificité de production (il faut presser le raisin à un moment bien précis pour lui garder son fameux goût rosé) en fait l'un des vins les plus contrôlés de France. J'ai hâte de goûter ça…
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Par Margaux,
jeudi 08 janvier 2009 à 19:40 : Gastronomie
Il y a une chose à laquelle je ne m'habituerai jamais (je ne vous dirai pas laquelle), mais le froid, je m'y fais. A l'inverse d'une canicule qui vous rend amorphe et dégoulinante, le froid tonifie et rend réactive. Du coup, j'ai pour ainsi dire fait le tour de la ville à pied, aujourd'hui, bras dessus bras dessous avec le zéro absolu. Un vrai compagnon qui vous enveloppe de sa présence. Le temps d'écouter 5 ou 6 fois un morceau de Barbara dans mon iPod (d'ailleurs, il semblerait que sa dernière apparition sur scène a eu lieu le 26 mars 1994 au Vinci, à Tours…). Je me suis réchauffée au déjeuner du Club de la presse Val de Loire, au Martin bleu, un bon restaurant slow food (partenaire d'Interloire), près de la gare, qui, outre des bulles et un bon blanc d'Amboise, nous a servi un brochet de la Brenne au beurre blanc. Ça m'a rappelé celui de ma grand-tante nantaise, LA référence. Un régal. Pour digérer, je suis allée acheter des croquettes à mon chat à la Coop bio (j'en profite pour renvoyer sur le blog sympathique d'une Tourangelle qui fait la part belle au bio), j'ai tenté (en vain) de trouver le coffret d'une de mes trilogies cultes à la Fnac (Dieu seul me voit, Versailles-Chantiers…), version interminable (6 DVD d'une heure pour savourer les dérives burlesques d'Albert JeanJean et revoir la délicieuse Jeanne Balibar). Pour les amateurs : "Je ne vais jamais quelque part tout de suite". Je vous conseille de faire un tour sur les Discussions du site, ne serait-ce que pour apprendre à faire une raclette sur un radiateur.

Raisonnable, je ne me suis pas lâchée sur les soldes : juste un tee-shirt à 10 euros, une chemise vachement classe (façon Shane) et un tee-shirt à manches longues finement rayé de noir et blanc, qui, à la réflexion, une fois sur la bête, me donne un peu l'allure d'un zèbre vu de loin. Pas grave. Il y a peu de lions par ici.
Sans transition, j'apprends à l'instant la mort d'un pâtissier de légende. Les dévoreurs de macarons, dont je suis, sont en deuil : Gaston Lenôtre n'est plus. Un ambassadeur des douceurs doit être fort attendu au paradis des goulus.
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Par Margaux,
mercredi 07 janvier 2009 à 22:54 : Escapades
Désolée si vous avez déjà eu vent de l'information - je n'ai guère l'habitude de relater des faits divers -, mais j'ai été estomaquée par la "fugue nuptiale" de ces bambins allemands de 7 ans, qui ont quitté le domicile familial le jour de la Saint-Sylvestre pour convoler en justes noces, flanqués d'une témoin… de 5 ans ! Direction l'Afrique, "parce qu'il y fait chaud", lunettes de soleil sur le nez, maillots de bain et grignotages dans les bagages. S'ils cherchaient la chaleur, en tout cas, nos amoureux transis n'avaient pas froid aux yeux ! Les petits banlieusards ont tout de même atterri, certes pas à Conakry, mais à la gare d'Hanovre, où ils escomptaient une navette pour l'aéroport. J'en reste baba (le rhum aussi, ça réchauffe), bouche bée devant les stalactites qui ornent mon Velux. Ça me laisse songeuse… Faut-il avoir 7 ans pour s'autoriser de telles fantaisies ? Comment retrouver la fraîcheur (pas en Afrique), le culot et l'inconscience de l'enfance ? Qui veut convoler avec moi dès demain sur Tiritiri Matangi ? Ça ne se bouscule pas. OK, je suis prête à négocier une autre destination, pour peu qu'elle soit dans l'hémisphère sud. En ce moment, c'est l'été pour ceux qui ont la tête en bas (on s'habitue, c'est pas pire que sur les épaules). Marre de glisser sur les trottoirs de Tours, même sous ce soleil radieux. Chaque matin, quand je sors, j'ai l'impression d'avoir oublié mon jean. Il y a quand même un truc que l'histoire ne dit pas : nos tourtereaux précoces avaient-ils une bouteille de X Noir dans leurs bagages ?
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Par Margaux,
lundi 05 janvier 2009 à 18:39 : Esprit Val de Loire
J'ignore s'il pleut sur Nantes, mais en tout cas il neige à Tours. Et ça tient ! Quand je suis partie à pied au bureau, ce midi, ça neigeotait. Drôle de journée : les agents municipaux, juchés sur des élévateurs, décrochaient les guirlandes ; des sapins gisaient, congédiés, sur les trottoirs. Mon itinéraire habituel a été dévié par des pompiers qui arrosaient une voiture en train de se consumer près de la cathédrale. Voyant une couche blanche s'accumuler sur les toits, l'air de rien, j'ai pris la tangente en fin d'après-midi. Je connais le Val de Loire : quelques flocons qui s'attardent sur le bitume et c'est la paralysie générale. Bien m'en a pris. Pas fière fière dans mes bottines en cuir, j'ai vite réduit mes pas d'impalas en savane à des trottinements de souris dans un champ de gruyère. Une embardée a failli me plaquer sur les pavés blanchis d'un duvet de poudreuse. Ça craquait sous mes semelles, façon sports d'hiver. Les Moon Boots n'auraient pas été de trop. J'ai expédié ma clémentine et je me suis engouffrée dans l'Electron, vous savez, ces petits bus électriques où jacassent habituellement quelques mamies (bien pratique, je dois dire). En l'occurence, il s'agissait d'un Electron libre, m'a expliqué le chauffeur, tout émoustillé, en domptant son volant. C'était sûr, je serai sa dernière cliente. La radio a donné sa sentence à pleins poumons : tous les bus au dépôt ! Il avait fallu attendre dix "cartons" pour que la décision tombe, s'insurgea le conducteur, aux prises avec son minibus ivre. Résultat : pas de bus demain matin non plus.
Cette neige, ça m'a donné envie de montagne. Après tout, rien de tel qu'un jour de reprise pour penser aux vacances. Je n'en ai pas pris en 2008, alors je vais me venger en 2009. J'ai réservé une soue à cochons dans le Cantal pour randonner. Je ne plaisante pas. C'était ça ou un poulailler, aménagé s'entend. Je préfère les cochons aux poules : inutile de tergiverser. Cochon qui s'en dédit !
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Par Margaux,
dimanche 04 janvier 2009 à 12:33 : Un peu de bouteille !
Nous sommes le 4 janvier et j'aurai déjà trois galettes à mon actif. L'année promet d'être couronnée… de rondeurs. Celle d'hier soir, faite maison par René, était particulièrement succulente. Colline s'est cachée sous l'escalier pour désigner les heureux bénéficiaires de chaque part et j'ai récupéré la plus grosse. Rançon de ce succès, j'ai aussi eu la fève. Heureusement, c'était une amande. On peut la croquer discrètement sans que ça ne se voie !!! Ce midi, je serai la plus jeune à table, sous laquelle je suis censée me glisser au dessert. Bigre. Il me reste à falsifier ma carte d'identité et à oublier la crème antirides pour échapper à la risée des convives. A moins qu'entre temps mon chat n'ait dévoré la galette en question. C'est bien parti pour si je reste trop concentrée sur mon clavier. Alors je vais devoir faire court, pardonnez-moi, pour sauver la frangipane de ces crocs félins redoutables. Que va-t-on boire avec ? Plusieurs possibilités : des bulles (crémant de Loire, X Noir, vouvray demi-sec) ou un moelleux, surtout si c'est une galette aux pommes (coteaux-de-saumur, coteaux-du-layon, vouvray, bonnezeau). Dans le village où j'habitais, le boulanger proposait une version frangipane au chocolat tout à fait honorable. Dans la Sarthe, on mange volontiers des galettes briochées. J'adore ça et, à ma connaissance, on n'en trouve pas ailleurs. C'est léger, doré, avec des petits picots sur le dessus, qui croquent sous la dent. Un régal au petit déjeuner…
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Par Margaux,
jeudi 01 janvier 2009 à 22:42 : Sur vos tablettes
Le premier post de l'année, c'est intimidant. C'est bien simple, ça me laisse sans voix. Je déteste souhaiter la bonne année ! Je préfère confier cette mission à Frédéric Bihel, qui a la gentillesse d'offrir aux lecteurs de ce blog la formule magique de Léonard, le héros mystérieux de sa dernière BD, Exauce-nous, réalisée en collaboration avec Makyo. Rappelez-vous, j'avais évoqué le 6 septembre dernier ce récit romanesque, qui se déroule dans la Sarthe, et notamment dans un bistrot fictif baptisé Le Pineau d’Aunis (fameux cépage du X Noir). Je vous souhaite donc d'avoir la chance, comme les amis de Léonard, de voir s'exaucer de petits miracles quotidiens : des résolutions qui se prennent enfin, un amour qui se révèle quand on s'y attend le moins, la magie d'une soirée entre ami(e)s, avec des bulles complices. Mettons la matérialité de côté et faisons voeu de convivialité. Tchin ! Bloavez mad ! 新年あけましておめでとうございます ! (pronconcez : shinnen akémachité omédéto gozaïmasse) (^_^)
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