Noces à Grenelle
Par Margaux, dimanche 30 novembre 2008 à 11:59 : Du vert !
Aujourd'hui, les Franciliens pourront saluer les girafes du zoo de Vincennes pour la dernière fois avant bien longtemps, le temps de la réfection des lieux. Une question m'est venue à l'esprit : comment transporte-t-on une girafe ? Allongée, sanglée, avec les sabots qui dépassent ? Debout, le cou plié vers le bas (à lui seul, quasiment la taille de Sarkozy), maintenu par un élastique à la hauteur de sa démesure ? En kit ? C'est une vraie interrogation. S'il y a des spécialistes des convois exceptionnels parmi mes lecteurs, je suis preneuse. Il faudrait demander au zoo de Doué-la-Fontaine, très renommé, notamment pour son curieux décor troglodytique. Leurs girafes sont originaires du zoo de Vincennes, justement, où leurs ancêtres ont été importés pour l’exposition coloniale de 1931. Ça me rappelle une anecdote sur la première girafe arrivée en France, le 23 octobre 1826, à Marseille. Elle s'appelait Zarafa et fut offerte à Charles X par le pacha d'Egypte. Il avait fallu modifier le bateau qui la transporta. De Marseille, elle a rejoint Paris… à grandes enjambées (on dit qu'elle va l'amble, car elle se déplace en levant les deux pattes du même côté), en cinq semaines, avec un imperméable à sa taille. Il aurait été dommage qu'elle s'enrhume. Un beau livre a même été consacré entièrement à cet événement… de taille (paru chez Arléa en 2006). Aujourd'hui, on peut admirer la première grande dame de France au Muséum de La Rochelle, restauré récemment (je vous le conseille). Signe des temps, les muséums connaissent un regain d'intérêt. Personnellement, j'adore les muséums, mais la nature mérite qu'on la découvre autrement que dans des vitrines ou du formol. A cet égard, Abd Al Malik a composé une magnifique chanson d'amour pour la planète, Noces à Grenelle, dans son dernier album, Dante. Dantesque.


Après mon cours de qi gong, ce matin, j'avais quelques courses à faire. Ma corvée hebdomadaire a pris un autre sens sous le signe de la solidarité.
Ma marchande de champignons (de Bourré, pas de Saumur…) me déclarait ce matin au marché, dépitée : "Il neige à Antibes et pas chez nous". Elle rêve de 5 cm de neige au-dessus des cheminées. Autant dire la paralysie totale dans nos contrées, où le moindre flocon nous fait déraper. Il y a deux ans, coincée dans ma campagne à cause d'une belle poudreuse, j'ai été rapatriée sur Tours par un ami aguerri aux chaînes. Malgré cet équipement inhabituel en Val de Loire, nous avons fini dans un champ à la faveur d'une descente, en glissant sans dommage jusqu'à l'arrêt du véhicule. Il neige
Le monde est injuste. La rumeur dit que
Il faisait un froid de canard, à Paris, samedi. Comme je me rendais au théâtre du Rond-Point, sur les Champs-Elysées, j’ai pu admirer les illuminations de « la plus belle avenue du monde » (ce qui se discute). Elles sont un peu différentes, cette année. Il y a un effet étonnant, comme des gouttes de lumière qui tombent des branches à intervalles réguliers. C’est beau, il n’y a pas à dire. Il paraît qu'elles sont même écolo. Mes zygomatiques ont été mis à rude épreuve pour la seconde fois en deux jours. Après Valérie Lemercier, ma cure intensive de culture m’a entraînée dans un bain d’absurdité. Mais de l’absurde intelligent, subtil et réfléchi. Difficile de résumer
Ma Samsonite à roulettes, ma bouteille de X Noir et moi sommes arrivés à Paris hier. Tant que j'y vivais, je rentrais tous les quinze jours dans les Pays-de-la-Loire pour respirer ma bouffée d'air frais. Désormais, c'est le contraire : chaque mois, je file sur la capitale prendre ma bouffée de culture et d'air vicié. Les roulettes ont remplacé le sac à dos, signe que je ne me rajeunis pas ! J'ai appris à les manier avec dextérité dans les couloirs bondés du métro, pas du tout conçus pour ce genre d'engin. Et là, mes vieilles habitudes reviennent au galop.Je m'arrête d'abord chez ma coiffeuse attitrée, retrouve avec un plaisir non dissimulé les épiceries de quartier pleines à craquer, avec leurs packs d'eau empilés. On peut à peine s'y retourner. Et les terrasses de café, occupées à toute heure. Sur le boulevard Saint-Germain, j'ai contemplé en vitrine d'une librairie une affiche promotionnelle de mon dernier bouquin, dont la sortie est imminente. C'est une joie indicible de voir ainsi se matérialiser un projet que j'ai porté tout l'été. Débarrassée de mon sac à roulettes, la bouteille de
Depuis que j'ai quitté ma maison de campagne, ses grenouilles, ses oiseaux et son tilleul vénérable, j'aime me ressourcer aux
L'avenir ne nous le dira pas, Jean-Claude Bourret non plus. Je zappe.
A l'heure qu'il est, je vois la nuit en rose. Je n'ai pas pris d'euphorisant ni de drogue illicite, juste allumé une
Ça vaut parfois le coup de tendre l'oreille quand on fait ses courses. Hier, en allant à La Poste, j'ai croisé une mamie plantée comme un i près de la sortie. Et un client qui la connaissait de lui demander ce qu'elle attendait, stoïquement : "Je ne sais plus pourquoi je suis venue à La Poste, alors je réfléchis aux raisons qui m'y ont conduite", répondit-elle, goguenarde. J'ignore si elle attend encore à l'heure qu'il est. Ce matin, je faisais la queue à la rôtisserie des Halles, derrière Leslie Bedos (la fille de), en quête, comme moi, d'un petit poulet rôti. Derrière moi, un monsieur s'étonnait auprès d'un autre qu'une de ses connaissances ne l'ait pas salué. "Normal, lui répondit son interlocuteur. Depuis qu'elle a ses nouvelles lunettes, elle ne reconnaît plus personne." Surréaliste, n'est-ce pas ? Bienvenue dans la quatrième dimension ! Drôles de dames. Il y en avait aussi pas mal, des drôles de dames, hier soir, au
Le millésime 2008 sera "mordant", affirmait un vigneron, hier soir, lors du lancement du
Il exaspère un tas de gens. Moi, j'ai toujours aimé
Il est des mots, comme volupté, qu'il suffit de prononcer, même dans sa tête, pour en éprouver un certain plaisir. Le même plaisir sensuel qu'une gorgée de bon vin, dont la saveur perdure en bouche. Alors l'autre matin, quand j'ai entendu sur France Inter qu'une exposition s'appelait La volupté du goût, et qu'elle se tenait au
Il y a des paysans dépaysants. A tel point qu'on les filme pour le grand écran. Comme des espèces menacées, ces petites gens en voie de disparition. Cet été, j'avais aimé
L'heure est grave, le jour J. Le 4 novembre détrônera-t-il le 11 septembre au pays des dates mémorables (rappelez-vous, 1492) ? Si l'on en croit les sondages, oui. Mais prudence est mère de sûreté, pour épousseter une vieille expression menacée de disparition. Les bouchons sont dans les starting-blocks, les bouteilles au frais. X pour l'anonymat avant le résultat final. Noir pour l'espoir. Laissons de côté les opinions politiques. La possible élection d'Obama dépasse évidemment cela. Obama est noir (enfin, métis, mais le mot, curieusement, n'existe pas en anglais), Obama est jeune, Obama a du charisme. McCain est blanc, jusqu'aux racines des cheveux, il porte le nom d'une marque de frites (n'en déplaise aux Belges) et a trouvé son effrayante colistière dans une pochette surprise. Mauvaise pioche ! Je ne suis pas médisante : c'est un simple constat. Rien contre les cheveux blancs (je m'en fais de plus en plus), rien contre les frites (surtout si c'est
C'est bien un week-end de Toussaint. On pouvait en douter encore, samedi matin, à Tours, entre l'affluence aux Halles et la plupart des boutiques ouvertes. Dans la rue, une bise glaciale m'a bousculée alors que je tentais d'éviter les flaques et les feuilles glissantes qui gisaient au sol. Pour échapper à la grisaille et à une petite pluie, je me suis réfugiée sous les frondaisons du boulevard Béranger, où se tient depuis 1874, chaque mercredi et chaque samedi, été comme hiver, un merveilleux marché aux fleurs (l'un des plus importants de France, avec environ 60 horticulteurs, fleuristes, pépiniéristes…). En comparaison, j'avoue avoir été carrément déçue par celui de Nice… Le marché aux fleurs de la Toussaint n'est pas mon favori, avec cette débauche de chrysanthèmes démesurés, dopés à je ne sais quel EPO horticole. J'ai opté pour la sobriété : une potée à petites fleurs blanches, au coeur d'un jaune délicat, que j'ai eu grand mal à rapporter chez moi. Pour contrer la morosité, je me suis acheté un jeu dans cette caverne d'Ali-Baba qu'est 


