XNoir

Ça sent l'écureuil !

Ils peuvent toujours se moquer des "Froggies" mangeurs de cuisses de grenouilles, les Rosbifs. Lu dans Le Mondehttp://www.lemonde.fr/ aujourd'hui : "un supermarché du nord de Londres offre de la viande d'écureuil dans ses rayons, vantant les mérites d'un produit de consommation "durable"". Ça fait cinq mois que ça dure, cette affaire, et ça défraye la chronique, évidemment. "Pour produire une tonne de bœuf, il faut 15 tonnes de céréales. Ce n'est pas durable. Les écureuils se nourrissent de ce qu'ils trouvent dans la nature et ils sont trop nombreux", a expliqué le gérant à l'AFP. Comble de l'horreur, cette viande (qui a peut-être goût de noisette, qui sait ?), aurait été réclamée par des clients. A raison de dix à douze bestioles vendues par semaine, le stock serait en cours de renouvellement, via des bouchers qui ne manquent pas de panache.
La viande d'écureuil, raconte le quotidien, figurait jadis dans les assiettes anglaises. Prisée de nouveau depuis quelques années, elle est apparue dans certaines boucheries et même au menu de quelques restaurants. A votre avis, on sert quoi avec ça ? Du saumur-champigny, un rosé de Loire ou du X Roux ?

La patelle de Proust

Avant que la marée ne remonte, cette après-midi, nous sommes allés pêcher des huîtres sauvages, à Pénerf. On marche dessus, il n'y a qu'à se baisser pour les ramasser. On les taille un peu au marteau (un ustensile spécifique), pour ne pas que le panier métallique soit trop lourd à rapporter, on les brosse dans l'eau de mer et il n'y a plus qu'à les ouvrir avec un bon blanc.
En baguenaudant dans les flaques, nous sommes tombés sur des patelles (des berniques quoi), ces chapeaux chinois scotchés aux rochers, fort difficiles à désolidariser du substrat. En randonnant à Madère, il y a trois ans, j'avais renoué avec ce merveilleux souvenir d'enfance : les berniques grillées. Gamine, j'en pêchais en famille. Ni une ni deux, j'ai appelé ma mère, les deux pieds (droits) dans mes bottes (pleines d'eau), pour lui demander la recette : "Enlève les deux cornes, les intestins viendront". Forte de cette formule un peu gore, j'ai préparé notre pêche miraculeuse avec abnégation, en vue de la soirée fruits de mer programmée avec mes amis. Ça m'a pris un temps fou. Un beurre d'ail sur les mollusques décapités, posés dans la lèchefrite, sur un lit de sable, et nous nous sommes régalés, contre toute attente. Ça n'était pas tout à fait ma madeleine de Proust, mais pas loin. Mon père, je crois, serait fier… ou tout le moins amusé.
Les huîtres sauvages étaient excellentes. Les tourteaux et les araignées - achetés au vivier - d'une fraîcheur impeccable. En dessert, on a mangé des Carambars. François adore ça. A chacun sa madeleine.

"Faire une virée à deux"

Vous vous souvenez de cette chanson estivale, légère comme un papillon ? "Faire une virée à deux…". C'était au sud de l'Italie il me semble, la virée du duo en question. Eh bien hier, la virée avec Faustine, c'était au sud du Morbihan. Une expédition à vélo rigolote, avec passage de la rivière de Penerf en bateau, sous un soleil écrasant que l'air marin, heureusement, atténuait. Puis les zigzags sur le chemin littoral, ensablé de temps en temps. Un petit rafraîchissement dans un bar vite oublié. Juste avant la pointe de Penvins. D'un côté, l'océan, houleux. De l'autre, une lagune abritée où chorégraphiaient deux kite-surfs que nous avons longuement observés. Une certaine plénitude, assises, serrées sur un rocher, comme si la place manquait, à partager nos états d'âme du moment. Abandonnés sur la plage, les états d'âme, près d'un parasol multicolore sous lequel somnolait une grand-mère, ignorant probablement qu'elle affichait quasiment les couleurs de la Gay pride !
Chevauchant de nouveau nos montures, nous sommes reparties cheveux au vent, épaules bronzées, et avons retraversé la ria avec le passeur. De l'autre côté, j'ai dévoré six huîtres n° 4 tout droit sorties du vivier de l'ostréiculteur. Embarqué 4 kilos de moules superbes et charnues dans le panier avant de la bicyclette. Et préparé les mollusques avec amour dans la cuisine d'été. Regrettant amèrement l'absence de saumur blanc !

Du pain, du vin, du Sorin

Je me suis régalée à la rétrospective de Pierrick Sorin, au Lieu unique. J’ai ri à pierre fendre (n’importe quoi). On n’entendait que moi paraît-il. Les autres souriaient. Moi, je gloussais bêtement. Pourtant, je n’avais pas encore attaqué le petit verre de blanc du soir d’été, cher à ma moitié. Sorin, disais-je. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce spécimen local, il s’agit d’un cinquantenaire vidéaste qui réalise des courts métrages et des dispositifs visuels très moqueurs. Il excelle dans l’autodérision, le mode burlesque, se rit de l’existence humaine et de la création artistique. Fervent pratiquant de l’autofilmage, il est souvent l’unique acteur des histoires qu’il invente, mais se déguise et se duplique volontiers. Enfant de Méliès, il est connu pour ses petits « théâtres optiques », mélanges d’ingénieux bricolages et de technologies nouvelles, qui le font surgir comme par magie dans l’espace, sous forme de minuscule hologramme, parmi de vrais objets. Un régal, à consommer sans modération jusqu’au 26 août. Après quoi je suis allée acheter quelques bouteilles à La Maison des vins de Loire en prévision de ma semaine de vacances dans le Morbihan (deux muscadets, dont un cru communal, et un coteaux-d’ancenis cépage malvoisie). Au fait, pas sûre de vous l’avoir dit, mais il y en a désormais une à Tours, de Maison des vins (au 25, rue du Grand-Marché). Même principe qu’à Nantes, Saumur et Angers : vous pouvez goûter la sélection de vins ligériens et les acheter au prix producteur. Autre option, vous arrêter à Saint-Hilaire-Saint-Florent pour l’expo « LuX, la face cachée de la bulle », présentée dans le fraîches caves d’Ackerman… et faire provision de X Noir pour les soirées d’été.

Photo : Je vivrais bien d’amour et de bulles fraîches. C’est quasi le cas, à l’exception de quelques crêpes et coupes glacées. Si c’est vrai.

"Vous avez de la chance d'être jeune"

C'est écrit en vitrine d'un banque, à Nantes : "Vous avez de la chance d'être jeune". Il y a un gros écureuil en peluche posé au sol, qui attend qu'on le libère dans le parc le plus proche, en rêvant de noisettes. Juste devant, un étal improbable comme on en trouve ailleurs dans la ville, avec des sardines du soir. Moi qui suis du soir, je me suis tout de suite sentie proche de ces sardines. Entre filles de la mer, on se comprend. Nantes est décidément une ville maritime. L'océan, ici, n'est jamais bien loin. En plein centre, on indique la direction de Noirmoutier. Au Bouffay, les crêperies abondent.
J'ai même fait du bateau électrique sur l'Erdre, en partant du centre ville. Très vite, on se retrouve dans la mangrove, loin des turpitudes de la ville surchauffée. La veille, nous avons dîné à la guinguette de Trentemoult, où l'on accède en Navibus. Bien sûr, on a bu du muscadet sur lie. Et là, je file au Lieu Unique, voir l'expo de Pierrick Sorin, l'enfant du pays. Promis, je vous raconterai.